« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte. » (François Hollande, le 13 avril 2017, "Le Monde").


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Deux des quatre candidats qui auraient la possibilité de gagner l’élection présidentielle, proposent, avec des idéologies très différentes, le même type de programme : sortie de l’Europe et de la zone euro, dépenses publiques massives, relance supposée par la demande sans comprendre qu’aujourd’hui, la France n’est pas seule au monde et que les Français veulent garder leur liberté de vivre, de consommer ce qu’ils veulent, de circuler où ils veulent. Ces candidats, ce sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. On dit que les extrêmes se rejoignent, cela paraît une évidence pour l’élection présidentielle de 2017.

Comment faire comprendre que l’injection massive d’argent public dans la consommation intérieur va d’abord enrichir les économies étrangères, et en premier lieu l’économie chinoise ?

Tous les deux veulent tuer une construction certes largement perfectible mais qui est unique au monde, l’union des pays européens sur la base de la liberté et de la paix, librement consentie par les peuples, pour épauler chacun des pays d’une souveraineté européenne capable d’égaler les grandes puissances mondiales. L’un de ses meilleurs outils est l’euro, adopté démocratiquement par les Français lors du référendum du 20 septembre 1992. Ces deux candidats veulent remettre en cause soixante années d’histoire de l’Europe.

Les conséquences pour le monde et pour l’Europe seraient graves, mais les conséquences sur la France et les Français seraient dramatiques : perte du pouvoir d’achat (1 500 euros au moins par an), augmentation de la dette publique par l’effet de la dévaluation monétaire, et protectionnisme qui aboutirait à la fermeture des frontières pour nos nombreuses entreprises qui exportent. Ce serait alors ruine et désolation industrielle. Bien pire qu’aujourd’hui.

Au contraire, la France a le génie, les moyens, les compétences pour se mesurer aux autres puissances mondiales. Elle est l’excellence dans le domaine de la recherche scientifique, de l’innovation, des grands projets industriels. Il lui faut juste libérer les énergies pour relancer la machine.

Avec eux deux, on raserait gratis. On prendrait la retraite plus tôt alors que l’espérance de vie continue sa progression. On travaillerait moins alors que les entreprises ont besoin d’une plus grande compétitivité. On donnerait tout gratuitement. La note se compterait par centaine de milliards d’euros ! Ce serait forcément les impôts, donc les ménages, et les générations futures par la dette colossale qui seraient les premières victimes de cette folie budgétaire. C’est faux de dire que les riches paieraient : il n’y en aurait jamais assez pour assurer le financement de tous ces cadeaux clientélistes proposés par pure démagogie électorale. Et en plus, à condition qu’ils ne quittent pas le navire !

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Chacun prône une révolution, veut changer radicalement un système dont ils sont pourtant les meilleurs représentants, ne serait-ce que par leur seconde candidature à l’élection présidentielle, ils sont déjà des personnages récurrents des campagnes présidentielles et n’ont aucune légitimité à représenter un renouvellement qu’ils ne peuvent symboliser eux-mêmes.

Marine Le Pen a profité des largesses de son mandat européen alors qu’elle combat l’Europe. Qu’a-t-elle réalisé de concret comme élue depuis sa quinzaine d’années d’engagement politique ? Rien ! Et Jean-Luc Mélenchon, qui a de si belles paroles pour faire du "dégagisme", ne se rend-il pas compte qu’il est le meilleur représentant, à cette élection, de l’apparatchik socialiste typique qui n’a jamais vécu que par la politique, grâce à un système dont il a profité très tôt, trentenaire, en étant plusieurs décennies sénateur, adjoint, vice-président de conseil général (un de ses anciens collègues en a parlé aussi, le 12 mars 2017), et que son départ du PS, encouragé par Patrick Buisson dont l’amitié montre à quel point les extrêmes se retrouvent, n’est que le résultat d’une haine contre François Hollande, ancien premier secrétaire du PS qu’il aurait voulu combattre personnellement en 2017 ?

Toutes ces postures sont des impostures.

Marine Le Pen veut mettre la préférence nationale dans la Constitution alors que les étrangers ont peu d’influence sur l’économie d’un pays aussi grand que la France. Elle reste sur le discours communiste de Georges Marchais : le 6 janvier 1981, Georges Marchais avait expliqué dans "L'Humanité" : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration pose aujourd'hui de graves problèmes. Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. ». Le 23 décembre 1980, le maire communiste de Vitry-sur-Seine avait délogé à coup de bulldozer des travailleurs immigrés maliens. Quelques semaines plus tard, le maire communiste de Montigny-les-Cormeilles (qui n'était autre que ...Robert Hue) mettait en cause une famille marocaine.

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Jean-Luc Mélenchon veut bouleverser les institutions de la République alors qu’il y a beaucoup d’urgences en France : la lutte contre le chômage et la lutte contre le terrorisme, dans une situation internationale très grave où, pour la première fois depuis la crise de Cuba, un conflit nucléaire pourrait se produire réellement. Comment la France peut-elle à ce point se replier sur elle-même sans voir toutes les menaces qu’elle voudrait ignorer ? Les Français peuvent-ils être des autruches ?

Lorsque Marine Le Pen, le 9 avril 2017, a déclaré vouloir remettre en cause la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel’ d’hiv’, s’opposant ainsi à la déclaration du Président Jacques Chirac le 16 juillet 1995, l’un de ses discours les plus importants, elle a montré son vrai visage : le naturel revient toujours au galop. Malgré une décennie pour se dédiaboliser, Marine Le Pen montre à quel point elle est issue d’un mouvement d’extrême droite dont les ressorts restent toujours les mêmes : la haine de l’autre. Personne, du reste, ne l’avait obligée à revenir sur ce sujet, comme si dans la famille Le Pen, il y avait toujours un besoin irrésistible de faire des embardées sur cette période sombre de l’histoire de France.

Et Jean-Luc Mélenchon ? Il se présente en bon père de famille, en patriarche cultivé qui sait parler et c’est vrai, cela fait plaisir d’entendre un homme qui sait si bien jouer sur les émotions. C’est si rare, un vrai homme politique, avec une telle éloquence. Mais est-ce suffisant pour voter pour lui ? Sans lire ce qu’il propose ? La remise en cause du génie français ? Faire perdre vingt ans encore à l’économie française en reprenant pour argent plus que comptant ses vieilles lubies trotskistes ?

Jean-Luc Mélenchon veut bouffer du riche, prêt à instituer un impôt confiscatoire (il voulait un taux d’imposition de 100% pour les plus riches mais dans sa grande magnanimité, il a accepté de le réduire à 90% pour que ce soit juridiquement valide). Et pourtant, lui-même est le candidat le plus riche des cinq ! En effet, le patrimoine qu’il a déclaré pour se présenter (la déclaration est obligatoire et publique) flirte avec le million (965 5000 euros), inférieur à celui de deux "petits candidats", Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau (il n’y a qu’à Emmanuel Macron que l’ENA ne rapporte pas beaucoup), mais supérieur à celui de François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Lors de son meeting à Lille le 12 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon faisait le mauvais joueur en proclamant de façon péremptoire, dévoilant son vrai visage : « Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang ! ». On ne sait plus trop qui a le couteau entre les dents, lui, l’adorateur de fantômes Hugo Chavez et Fidel Castro, qui voudrait faire quitter la France de l’Europe, de l’OMC et de l’OTAN et l’intégrer à l’Alliance bolivarienne ! Le modèle vénézuelien a pourtant du plomb dans l’aile alors que le Venezuela possède l’une des principales réserves de pétrole du monde et devrait, par conséquent, être très riche. Jean-Luc Mélenchon voudrait même remettre en cause les frontières européennes pour réattribuer les pays baltes à la Russie. On marche sur la tête.

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L’hôpital qui se moque de la charité, c’est lorsqu’un sbire de Marine Le Pen, Nicolas Bay, le 13 avril 2017 sur Public-Sénat, dénonçait l’hyperfiscalité de Jean-Luc Mélenchon. Car la présidente du FN n’est pas en reste pour plomber les finances publiques, avec au moins 100 milliards d’euros de dépenses annoncées (dont 20 pour racheter les autoroutes, soit l’équivalent de 1 000 collèges !).

Marine Le Pen ne voudrait pas adhérer à l’Alliance bolivarienne, mais remettrait en cause gravement la cohésion nationale en refusant par exemple la gratuité de l’école aux enfants d’immigrés. Or, on sait bien que l’instruction est le meilleur rempart contre les risques de violence.

Quoi que ces candidats en disent, leur programme respectif aboutirait, malgré une idéologie très différente, au même résultat : la destruction massive d’une France forte, puissance européenne, capable de se comparer aux autres puissances mondiales, prête à se frotter à la compétition grâce à son génie culturel, scientifique, industriel, artistique, au profit d’une France qui se replierait sur elle-même, qui se ruinerait car elle dépend aujourd’hui tellement des économies extérieures qu’elle ne s’en relèverait pas, "autiste", refusant de comprendre que la France n’est pas seule au monde et que les puissances étrangères seraient ravies de constater qu’il y aurait un concurrent de moins sur la scène internationale…

Le Pen et Mélenchon, c’est bonnet noir et noir bonnet.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 avril 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Qui sera nommé à Matignon en mai 2017 ?
Emmanuel Macron.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon.
Fillon ou Macron pour redresser l’économie française ?
Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.
L’autorité et la liberté.
Défendre la Ve République.
Interview de François Fillon dans le journal "Le Figaro" le 20 avril 2017 (texte intégral).
Interview de François Fillon dans le journal "Le Parisien" le 19 avril 2017 (texte intégral).
Discours de François Fillon le 15 avril 2017 au Puy-en-Velay (texte intégral).
Discours de François Fillon le 14 avril 2017 à Montpellier (texte intégral).
Discours de François Fillon le 13 avril 2017 à Toulouse (texte intégral).
Tribune de François Fillon le 13 avril 2017 dans "Les Échos" (texte intégral).
Discours de François Fillon le 12 avril 2017 à Lyon (texte intégral).
Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille (texte intégral).

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20170413-penlenchon.html



http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/04/20/35179881.html