« Les existences faibles vivent dans les douleurs, au lieu de les changer en apophtegmes d’expérience, elles s’en saturent, et s’usent en rétrogradant chaque jour dans les malheurs consommés. » (Balzac, "Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau", 1837).


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Son art était-il cochon ou ce cochon était-il un artiste ? Était-il une existence faible au sens balzacien du terme ? Il y a un an, le photographe britannique mondialement célèbre David Hamilton s’est suicidé à son domicile du boulevard Montparnasse, à Paris, à l’âge de 83 ans (il est né le 15 avril 1933 à Londres, mais s’est installé très tôt à Paris, dès l’âge de 20 ans, pour fuir le puritanisme). Un voisin l’a retrouvé le 25 novembre 2016 dans la soirée avec la tête enfermée dans un sac-poubelle. Le destin d’une ordure ?

Il y a eu beaucoup d’hypocrisie, dans les médias, à venir maintenant fustiger un homme que ces mêmes médias encensaient systématiquement pendant plusieurs décennies, depuis le début des années 1970, ces années libertines et décomplexées de l’après-mai 1968.

Sa carrière artistique a commencé en 1966. En fait, il n’a jamais été vraiment un bon technicien et n’a jamais su utiliser les outils des photographes. Il avait son Minolta et il cherchait surtout ses modèles, définissait son cadre, créait son aspect intemporel…

Car le "métier" de David Hamilton, c’était de photographier des jeunes filles en fleurs dans une atmosphère volontiers romantique. Souvent déshabillées. Il recrutait ses modèles sur les plages naturistes du Cap d’Agde ou dans les rues des villes scandinaves, et il avait une façon très personnelle de capter leur beauté fugitive au moyen de filtres, pour donner un aspect flou à l’image. Les clichés se voulaient hors du temps, c’est-à-dire que les vêtements que ses jeunes modèles portaient négligemment n’étaient pas datés, pouvaient aussi bien être du XIXe siècle que de la fin du XXe siècle.

Il faut reconnaître que le résultat était plutôt réussi. Une grande sensualité, pour ne pas dire de l’érotisme discret (on parle alors de "photographies de charme"), et aussi une certaine nostalgie, regret de la jeunesse qui passera vite dans un futur rapide, un moyen de fixer définitivement une jeunesse innocente qui fuit sans cesse le temps et l’espace.

Richard Poirot, dans un article publié le 21 mai 2015 dans le journal suisse "Le Temps", a présenté ainsi l’œuvre de David Hamilton : « Des paysages, des natures mortes. Et des femmes, plutôt jeunes, souvent adolescentes, souvent nues. Certaines images ressemblent à des toiles dont la peinture se serait craquelée avec les siècles. Les contours s’estompent dans un effet impressionniste.  Les détails s’effacent derrière un halo de pâleur et de rêverie. C’est sa marque de fabrique. ».

Et ce journaliste de parler de la méthode du photographe : « Et [il] traque les filles dans la rue. Dans les pays nordiques essentiellement (…). L’âge (…), c’est en dessous. "Les femmes, ce n’est pas mon rayon. Je préfère les jeunes filles, 16 ans maximum". Ses yeux fixés, droits devant, oscillent entre la rouerie et l’interrogation. Ce ne sont pas les enfants qui l’intéressent, il n’en a jamais voulu, mais cet âge ambigu où l’adolescente devient femme, chrysalide maladroite qui voit son corps se former, "ces quelques mois qui vont changer sa vie en bien ou en mal". À guetter les jeunes pousses pas encore abîmées par le mannequinat, il a découvert quelques perles qui ont fini top models. » (21 mai 2015). On se croirait dans le roman "Le Parfum", de Patrick Süskind…

La méthode, David Hamilton l’a décrite à Patrick Simonin sur TV5-Monde en 2013 : « C’est basé sur la lumière du jour et la simplicité, pas de mannequins, juste des jeunes filles. Pas de maquillage ni d’accessoires de studio. Cela peut-être fait dans n’importe quelle chambre d’hôtel de n’importe où dans le monde. ». En somme, un travail d’artisan, sinon d’amateur.

Johanna Luyssen et Judicaël Lavrador ont critiqué le côté kitch du travail de David Hamilton, dans "Libération" le 27 novembre 2016 (donc, après sa mort) : « Le photographe britannique y possédait un studio où il faisait poser ses modèles qu’il "recrutait" (…) au gré des flâneries le soir sur le port ou à la plage. Il partait à la chasse et harponnait de jeunes filles frêles, blondes et pâles (…). Faut-il voir en ses œuvres les documents datés d’une queue de comète post-soixante-huitarde, ivre jusqu’à l’excès de la libéralisation des mœurs ? ».

Le kitch : « Il y a d’abord qu’elles cochent toutes les cases d’un érotisme photographique convenu. Hamilton se focalise sur les jeunes filles en fleurs, seules ou en groupe, nues ou à moitié nues, étendues sur des canapés aux draps froissés, alanguies dans des fauteuils en rotin, perdues dans leurs pensées, rêveuses et dociles. À quoi il faut ajouter les vues de Venise, comble du kitsch, et des portraits dans des paysages champêtres plantés de saules pleureurs où les modèles se parent des atours (…) des Grâces antiques. Autant de recettes adaptées du pictorialisme de la fin du XIXe siècle, période où la photo imite la peinture classique, ses compositions (…). Rien de proprement innovant donc, dans aucune des images innombrables que produit Hamilton, si ce n’est ce flou dont il les nimbe et qui lui permit de prétendre à l’invention d’une forme, terriblement identifiable. » (27 novembre 2016).

David Hamilton a publié 200 000 photographies. Ses recueils de photographies ont été vendus à près de deux millions d’exemplaires.  De nombreuses d’expositions ont été organisées un peu partout dans le monde, mais aucune dans un musée. Il a affirmé s’être inspiré notamment de Balthus et Nabokov. Le flou des clichés provient de quelques moyens basiques, comme souffler sur l’objectif, ce qui fait déposer un peu de vapeur d’eau (buée). Rien de technologique en tout cas, ni en amont ni en aval, à une époque où le retraitement numérique des clichés n’existait pas, évidemment.

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David Hamilton ne fut pas seulement un photographe, mais aussi un réalisateur de quelques films en adoptant cette même atmosphère de charme, ce flou hamiltonien qui fit son succès dès le milieu des années 1970. Il est en effet l’auteur de "Bilitis" (sorti le 16 mars 1977), avec Bernard Giraudeau, reprenant, dans le titre, les "Chansons de Bilitis" rédigées par Pierre Louÿs en août 1894 ; de "Laura, les ombres de l’été" (sorti le 28 novembre 1979), où l’actrice Dawn Dunlap apparaissait nue dans une scène d’amour alors qu’elle n’avait que 16 ans ; de "Tendres cousines" (sorti le 19 novembre 1980), avec Pierre Vernier ; de "Un été à Saint-Tropez" (sorti en 1983), sans dialogues ; et enfin de "Premiers désirs" (sorti le 11 décembre 1983), avec Emmanuelle Béart et Ann-Gisel Glass.

Inspiration ou perversion ? Le problème, ce qui n’en était pas un pendant plusieurs décennies, c’est que ces jeunes modèles étaient très jeunes. Souvent adolescentes. 13 ans, 14 ans, jamais plus de 16 ans… Le photographe avait bien sûr l’accord des parents qui étaient très fiers de ces travaux, qui les encourageaient. Comment les parents pouvaient-ils laisser, pendant une après-midi, leur jeune fille adolescente seule, nue, avec ce photographe ?

Depuis la fin des années 2000, encouragés par le scandale concernant Roman Polanski (arrêté par la police suisse le 6 octobre 2009 parce que la justice américaine le recherchait pour une affaire de viol sur une jeune fille de 13 ans), un certain nombre de témoignages sont remontés à la surface de la réalité. Des témoignages qui ne sont hélas, juridiquement, que des témoignages. Avec cet aspect assez déplaisant de la dénonciation ou du doute : paroles contre paroles. Les faits sont si anciens qu’ils sont forcément prescrits. Et seront donc, dans tous les cas, impunis. Enfin, pas tous en fait.

Petit à petit, notamment grâce aux réseaux sociaux sur Internet qui a fait libérer la parole, les grands prédateurs sexuels, à savoir ceux qui sont riches, influents, puissants (socialement), sont de plus en plus dénoncés. En parler s’expose à deux écueils : sous-estimer le traumatisme des victimes, ou pire, ne pas en prendre compte, mais l’autre écueil, c’est de piétiner la présomption d’innocence. Qui donc sinon un juge peut-il condamner une personne ?

Cette quête de jeunes adolescentes (d’un âge toujours inférieur à 16 ans), de type nordique, grandes, sveltes, minces, serait pour le photographe une recherche de pureté et d’innocence. Certains de ses modèles sont d’ailleurs maintenant des mannequins renommés.

La réalisatrice Catherine Breillat, qui a scénarisé le film "Bilitis", a reconnu dans une interview à "Gala" le 30 novembre 2016 : « Il est certain que quand on regarde son travail aujourd’hui, et encore plus à la lueur de ces accusations, [ses œuvres] prennent un caractère pédophile, mais ce n’était pas du tout le contexte de l’époque. Dans les années 1970, David était mondialement connu et ça ne choquait personne. (…) C’était une époque où il n’y avait aucun regard salace sur des petites filles qui posent en culottes Petit Bateau entrebâillées. Même les parents n’y voyaient aucun mal. (…) Je n’ai pas eu l’impression qu’il y avait une quelconque ambiguïté entre [ses modèles et lui]. Sauf si on considère comme ambiguïté l’obsession qu’il avait à photographier les petites filles ; ça oui. Il était obsessionnel. ».

Violaine de Montclos, dans "Le Point" du 19 novembre 2016, a décrit la relation du photographe avec ses modèles : « Jamais ses modèles n’ont été payés. Jamais les parents n’ont pu assister aux "séances de travail" du photographe, qui, à défaut de verser un salaire à ces jeunes filles, les emmenait voyager dans le monde entier. "Mais les parents sont ravis, ils trouvent leurs filles plus dégourdies à leur retour", se vante sans rire Hamilton dans un entretien donné au temps de sa gloire, au temps où ses livres se vendaient à des millions d’exemplaires et où ses innombrables produits dérivés, posters, cartes postales, puzzles, trônaient dans toutes les chambres d’adolescentes et firent sa fortune. ».

Catherine Breillat a convenu que certaines filles étaient trop immatures pour avoir conscience de ce qu’elles faisaient : « Je sais que plus tard, Heidi [un modèle] a regretté les photos qu’elle avait faites enfant. L’époque n’étant plus la même, en grandissant, on peut se retrouver très mal à l’aise, gêné, parce que le regard de la société a changé. » (30 novembre 2016).

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Le premier témoignage contre David Hamilton a été publié le 19 octobre 2016. Dans son livre "La Consolation" (éd. Jean-Claude Lattès), l’animatrice vedette Flavie Flament a confié qu’elle avait été violée à l’âge de 13 ans par un photographe de renommée mondiale. Elle a précisé le 9 novembre 2016 sur France 2 que d’autres victimes viendraient la rejoindre pour créer une association et recourir à la justice.

Après quelques rumeurs lancées par Thierry Ardisson le 22 octobre 2016 dans l’émission "Salut les Terriens" sur C8, elle a confirmé le 18 novembre 2016, dans "L’Obs", qu’il s’agissait effectivement de David Hamilton, auprès de qui elle avait posé dans sa résidence du Cap d’Agde : « Je n’avais pas le droit de citer le nom de David Hamilton dans mon ouvrage. (…) Au bout de vingt ans après la majorité [Flavie Flament avait 42 ans l’an dernier], on vous explique que c’est trop tard. Et puis vous pouvez aussi passer de victime à coupable, coupable de diffamation, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas cité son nom. C’est aussi ce sentiment de solitude qui m’empêchait de parler. ».

Trois autres des modèles photographiés par David Hamilton se sont mis aussi à parler, victimes pendant la même période (les années 1980), voire, pour l’une d’elles, plus tôt encore (fin des années 1960), dans "L’Obs" du 17 novembre 2016. Une cinquième victime a parlé à visage découvert d’un viol en 2007, sur un fait qui ne serait donc pas prescrit, dans "L’Obs" du 27 novembre 2017 (après le suicide du photographe).

C’était un an avant le scandale qui a touché non seulement le grand producteur hollywoodien Harvey Weinstein, mais aussi, avec le fameux hashtag "BalanceTonPorc", de nombreuses autres personnalités du cinéma, des médias et aussi de la politique. La ligne de défense des "accusés" est toujours la même : démenti formel et plainte pour diffamation. Cette réaction est aussi la même pour ceux qui se sentent accusés injustement.

C’est cette ligne de défense qu’a indiquée le 23 novembre 2016 le vieux photographe mis ainsi en accusation : « Je suis innocent et dois être considéré comme tel (…). L’instigatrice de ce lynchage médiatique cherche son dernier quart d’heure de gloire. Par la diffamation. Je déposerai plusieurs plaintes dans les jours à venir. ». Il en a profité pour attaquer l’accusatrice. Renversement des rôles.

La multiplicité et la nature des témoignages laissent peu de doute sur leur véracité. Et puis, quel intérêt y aurait-il de mentir ainsi alors qu’il a dû falloir au contraire mobiliser beaucoup de courage à ces femmes pour sortir de leur silence culpabilisant ? Au-delà des faits de viols, c’était toute l’œuvre artistique de David Hamilton qui a été ainsi remise en cause. Toute sa vie. Lui.

Il a finalement préféré la mort plutôt que laisser monter la marée médiatique contre sa personne et contre cette œuvre qui a souvent été critiquée pour ce malaise de la grande jeunesse de ses modèles (certains avaient 8 ans).

Le suicide marque-t-il une sorte de reconnaissance de culpabilité ? On pourrait dire aussi le contraire, car il y a eu des situations dans lesquelles certaines personnes accusées à tort de pédophilie n’ont pas tenu le choc. Et même coupable, il ne méritait pas la mort dans un pays qui a aboli la peine de mort. La mort d’un agresseur, d’ailleurs, est la plus mauvaise chose que peuvent attendre ses victimes qui ont besoin d’explications, de jugements, de condamnations publiques, peut-être même de regrets et de demandes de pardon (la mort des terroristes au cours d’un attentat empêche la tenue d’un procès).

Ce fut la réaction très compréhensible de Flavie Flament, « dévastée » : « L’horreur de cette annonce ne saura jamais effacer celle de nos nuits blanches. (…) C’est [aux autres victimes] que je pense. À cette injustice que nous étions en train de combattre ensemble. Par sa lâcheté, il nous condamne à nouveau au silence et à l’incapacité de le voir condamné. ».

La mort annule effectivement toute action judiciaire. Aucune instruction n’aura donc lieu sur tous ces viols présumés de l’artiste. L’animatrice l’a déploré : « On nous a dit que c’était un suicide. Bien entendu, nous sommes partagés entre l’horreur de la situation en tant qu’humain et en même temps, il y a un sentiment immense de révolte, car il n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son œuvre. » (25 novembre 2016).

Cependant, la présentatrice de télévision a regretté les attaques contre elle, notamment dans l’émission "C l’hebdo" le 3 décembre 2016 sur France 5 : « Je suis encore estomaquée de certaines réactions qui voudraient que les victimes aient condamné à mort un homme, un génie, à la mort. (…) La culpabilité change de camp, c’est-à-dire qu’au lieu de montrer du doigt un homme qui a bousillé la vie de centaines de gamines, on va pointer du doigt des victimes qui, un jour, ont fait en sorte que la vérité éclate. ».







Sur son site, le photographe professionnel Marc Lucascio, qui fut d’abord médusé par cette affaire, puis dégoutté par David Hamilton, a posé de bonnes questions : « Il n’y aura pas de procès, personne ne saura réellement. Il n’est plus là pour s’expliquer devant la justice. (…) Ses photos se sont vendues par millions (…). Le souci : il y aura toujours des donneurs de leçons qui diront : "Oui mais c’était prévisible en voyant ses photos, vous êtes crédules !". Ben non ! Je peux citer un photographe amoureux de la mer qui n’a photographié que la mer déchaînée et ses vagues s’écrasant sur les phares bretons. Cela ne l’a pas empêché de violer sa nièce mineure. Oui effectivement, on pouvait aussi s’en douter : le phare, symbole phallique et de toute puissance. (…) Paul Gauguin a fait d’un enfant son modèle favori, elle avait 14 ans. De plus, un enfant est né. (…) Va-t-on brûler des toiles qui valent des millions d’euros et oublier l’artiste qu’était Paul Gauguin ? » (fin novembre 2016).

Gauguin, David Hamilton, très soucieux de son image et de sa postérité, se comparait à Gauguin et à d’autres grands peintres. Il n’a jamais eu le soutien ni l’appui des milieux académiques, mais son atout était son succès populaire. Il était aussi fier d’être entré dans le dictionnaire, par la porte des noms communs, avec l’adjectif "hamiltonien" (à ne pas confondre avec l’outil mathématique).

Après 1996 et l’éclatement de l’affaire Dutroux, ses photos sont passées de mode, si bien que sa cote a baissé. Le photographe avait alors maugréé contre le puritanisme qui aurait aussi gagné la France. Les accusations portées contre lui l’ont plongé dans une disgrâce commerciale au point que des acquéreurs de ses photos ont voulu se faire rembourser. N’ayant pas inventorié toutes ses photographies, il s’était soucié de ce qu’il laisserait après sa mort, il voulait fonder une fondation pour gérer toute son œuvre et peut-être aussi sa réputation.

En réaction à cette "affaire", une mission demandée par la ministre Laurence Rossignol a proposé, le 10 avril 2017, de prolonger le délai de prescription de viol sur mineur de vingt à trente ans après l’âge de la majorité, ce qui laisserait aux enfants ou adolescents violés jusqu’à l’âge de 48 ans pour déposer plainte (ce dispositif compléterait ainsi la loi Fenech-Tourret du 27 février 2017). Ce serait alors « un premier pas » pour « mieux recueillir la parole des victimes », selon la psychiatre Muriel Salmona, interrogée par l’AFP. Par ailleurs, une adaptation télévisée du livre de Flavie Flament, "La Consolation", a été diffusée le mardi 7 novembre 2017 sur France 3.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Chansons de Bilitis par Pierre Louÿs.
David Hamilton.
Pierre Bergé.
Jean-Michel Lambert.
L’art expressionniste allemand.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20161125-david-hamilton.html

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/david-hamilton-de-l-art-et-du-198994

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2017/11/23/35893805.html