« Certaines personnes ont choisi de ne pas nous écouter. Ce n’est pas grave, après tout, nous ne sommes jamais que des enfants. Vous n’avez pas le devoir de nous écouter. En revanche, vous avez le devoir d’écouter les scientifiques. Et c’est tout ce que nous vous demandons : de vous unir derrière les scientifiques. » (Greta Thunberg, le 23 juillet 2019 à Paris).


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Je veux revenir sur la venue de la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg le 23 juillet 2019 à l’Assemblée Nationale, à Paris. Précisons d’abord que Greta Thunberg ne s’est pas exprimée à la tribune de l’hémicycle devant l’ensemble des députés, comme cela pourrait arriver pour quelques invités de marque (des officiels, etc.). Elle a "seulement" participé à un colloque organisé par une association parlementaire réunie Salle Victor-Hugo où elle est intervenue dans la matinée. Elle fut ensuite présente dans l’hémicycle l’après-midi, mais en haut, dans les bancs des visiteurs, pour assister à la séance des questions au gouvernement.

Précisons ensuite que je ne me sens pas du tout en accord politiquement avec Greta Thunberg. Elle a peur, je n’ai pas peur (même pas peur !), ou plutôt, je considère que la peur est un frein à l’action et à la décision. La peur est un outil de démagogie. Mais c’est un outil de démagogie pour les manipulateurs, pas pour les passionnés sincères. Or, Greta Thunberg est une passionnée sincère. Elle a réellement peur et elle veut la transmettre à la Terre entière pour que les gouvernements bougent. Mégalo, l’ado ? Probablement. Mais le souvenir très exact de ma propre adolescence me laissait également des tendances mégalomaniaques, c’est assez ordinaire à cet âge-là, on globalise un tantinet. Parler à la Terre entière, finalement, elle y arrive, invitée dans de nombreux hauts cénacles de la planète. Il fallait oser, elle a osé. Bravo à elle !

Avant d’évoquer son message, je veux en effet répéter l’expression de mon admiration pour Greta Thunberg. À l’évidence, elle est une personne exceptionnelle, c’est un fait, et elle est fascinante. Son évolution au fil de la maturité sera probablement suivie par de nombreux admirateurs ou au contraire, contempteurs. Cette observation sera passionnante et probablement associée à de la déception. La maturité risque de se heurter au contraignant principe de la réalité : restera-t-elle la Petite Princesse ou deviendra-t-elle une dame désabusée ?

Donc je suis très admiratif pour la personne mais très dubitatif pour sa démarche intellectuelle et politique. Elle ne laisse personne indifférent. Greta est une prophète, une voix crie dans le désert, elle est soit adulée, soit détestée. Ceux qui la dénigrent n’ont pas compris que leur détestation, qui peut prendre jusqu’au visage de la haine, ravis de trouver en une seule personne un symbole de tout ce qu’ils exècrent, nourrissent bien plus efficacement l’aura médiatique de Greta que ses admirateurs.

À l’évidence, pour beaucoup d’entre eux, dont la principale accusation est d’être manipulée, il y a une réelle forme de jalousie. Jalousie qu’elle soit capable, elle, à 16 ans, de prononcer des discours construits, intéressants et surtout, audacieux, devant de nombreuses personnalités qui comptent dans le monde. Pour eux, elle ne serait qu’un robot qui répéterait ce qu’on lui a donné à dire. Ceux-là se trompent. Il suffit de lire les témoignages de journalistes qui l’ont interviewée et qui ont été très étonnés par sa réactivité, sa capacité à répondre, à l’improviste, de manière construite, sans préparation. Elle se situe d’ailleurs là, mon admiration.

Greta manipulée ? Répétons que non ! Un commentateur d’un article de "L’Obs" sur elle expliquait synthétiquement le 25 juillet 2019 : « Il suffit de la regarder cinq minutes répondre à des questions pour constater qu’elle n’annonce pas des textes dictés par d’autres : elle est claire, réactive, jeune et rapide. Et futée. ».

Dans cet article de "L’Obs", publié le 23 juillet 2019, le psychanalyste Roland Gori a été interrogé et a trouvé la situation proche du conte d’Andersen "Les Habits neufs de l’empereur" : « Dans ce conte, tous les adultes, par hypocrisie ou par conformisme social, se soumettent à une imposture. Les adultes ont appris à se soumettre à un ordre social et sont dès lors incapables de voir l’évidence, une vérité qui ne peut sortir que de la bouche d’un enfant. (…) Nous sommes prisonniers d’une vision du monde, d’une théologie qui est celle de la religion du marché. Dès lors, nous sommes incapables d’accueillir les soucis humanistes, romantiques et politiques que porte la voix de l’enfance. Or aujourd’hui, c’est cette voix qui donne poétiquement et romantiquement le monde qui peut nous sauver. (…) Dans une société de la force et de la performance, on oublie l’essentiel : la vérité de l’enfant. ».

Greta un robot ? Regardez son petit sourire en coin pour provoquer les parlementaires qui étaient en face d’elle. Bien sûr qu’elle est de chair et de sentiments, qu’elle n’est pas une simple boîte vocale. Elle a au contraire des tripes, il en faut pour provoquer ainsi quand on n’est rien, qu’on n’a aucun diplôme, aucune formation, aucune expérience. Il faut être quasi-inconscient sinon seulement imprudent, de s’engager publiquement si définitivement, avec des images dont on sait qu’elles resteront toute son existence, pendant des décennies, qu’une image publique sera déjà collée au corps et au nom à la moindre démarche nouvelle, ne serait-ce qu’à une recherche d’emploi.

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Face à quelqu’un d’aussi exceptionnel, d’ailleurs, il n’y a que deux attitudes à avoir, sinon l’indifférence : l’admiration ou la jalousie. Les deux sentiments peuvent même coexister en même temps. Cette jalousie, la France en est malade. On est jaloux de tout, de tout le monde. On croit que le voisin est mieux servi que soi (l’herbe est plus verte, l’assiette est plus garnie). Les autres ont une meilleure retraite. Et surtout, on ne supporte pas la richesse de ceux qui ont réussi et qui ont gagné en toute légalité leur argent. On ne supporte pas la réussite. On ne supporte pas le luxe. On ne supporte pas le homard géant …sauf si on fait partie des convives. J’écris "on" mais heureusement, ce n’est pas tout le monde.

Et puis, en regardant cette matinée de colloque dans une salle de travail de l’Assemblée Nationale, je me suis aperçu que la jalousie n’était peut-être pas le seul moteur de ceux qui dénigrent Greta Thunberg. J’imagine que la plupart de ses contempteurs ne s’informent qu’avec un intermédiaire, sans regarder les sources originelles, qui, pour ce colloque, sont facilement accessibles sur LCP (La Chaîne parlementaire).

Or, après Greta, il y a eu d’autres adolescents qui sont intervenus, tout aussi intellectuels, denses, audacieux, provocateurs que Greta Thunberg, notamment une jeune lycéenne de Lorient (il me semble Chloé, mais je peux me tromper). Tous ne sont pas des génies, mais à leur âge, j’avais probablement déjà une même aptitude (et promptitude) à la construction intellectuelle, mais j’aurais été mort de trouille de m’adresser en public ainsi, surtout un tel public de parlementaires, de décideurs, j’étais beaucoup trop timide pour cela (heureusement, je me suis soigné !). Ces autres adolescents ont-ils été manipulés ? étaient-ils de simples robots répétiteurs ? Bien sûr que non. D’ailleurs, ils ont été choisis parfois par hasard, des hasards de la rencontre, et sont membres du mouvement Youth for Climate qui organise la grève scolaire des vendredis.

Ce ne sont pas des robots parce que leur parole est fraîche, nouvelle, elle n’a rien de la langue de bois, elle n’a rien de propos communs, convenus. Leur parole est-elle totalitaire ? C’est difficile de mettre cet adjectif avec ce nom. Ils sont des idéalistes, et si l’idéalisme peut conduire au totalitarisme (la perfection refuse la diversité du monde ; l’altérité, c’est un principe d’imperfection), il faut revenir à l’essentiel. Ces jeunes gens ne sont pas au pouvoir, ils n’ont même pas la prétention à vouloir l’être un jour. Ils ont pour rôle d’être (ce qu’on appelle aujourd’hui) des "lanceurs d’alertes", des aiguillons, des "pousse-à-agir". Pour eux, la pire réponse serait l’indifférence. En créant la polémique, ils se font connaître et c’est efficace car leur démarche de ne peut être prise qu’avec sympathie : ils n’ont rien à vendre, à part leurs très solides (et courageuses) convictions.

Sur le plan intellectuel et politique, même si je ne les rejoins pas sur le fond, il en faut, il est sain qu’ils existent. Il ne s’agit pas d’en faire des saints, mais d’en faire des porte-parole d’une jeunesse qui a peur. Car c’est là la réalité de ce mouvement : les jeunes, les adolescents, ceux qui ne sont pas encore entrés dans la vie active, ils ont peur du devenir de la planète. Eux seront encore là en 2050, peut-être même en 2100. En 2050, on prévoit des températures de 50°C en France. Le 25 juillet 2019 à 16 heures 31, Paris a atteint un nouveau record de température avec 42,6°C. La multiplication des épisodes caniculaires n’est pas anodine et inquiète.

Ainsi, je me disais que les dénigreurs de Greta Thunberg, qui n’ont pas vu qu’elle n’était pas seule à agir ainsi, à avoir la même démarche civique et audacieuse, la jalousie seule n’était peut-être pas le seul moteur (pour dire vrai, on imagine mal un retraité, même aigri, jaloux d’une adolescente). Je crois qu’il y a un moteur encore plus puissant : celui de l’incompréhension d’une génération qui est très sensibilisée par le changement climatique.

C’est une génération qui n’a jamais vécu que dans ce message subliminal permanent émis par le Président Jacques Chirac le 2 septembre 2002 à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. ». Le sursaut du score non seulement de la liste écologiste mais aussi de la liste "animaliste" aux dernières élections européennes peut également refléter cette tendance, même s’il serait intéressant, pour le savoir, d’avoir une idée des tranches d’âge des électeurs de ces deux listes.

Les jeunes ont peur. Il y a une génération, ils avaient peur de ne pas s’insérer dans la vie active, de ne pas trouver un emploi, d’avoir mal choisi leurs études. Les jeunes d’aujourd’hui ont une peur encore plus globalisante. Ils pensent que la planète va se détériorer sous leurs yeux d’humains. Et cette peur les motive à aller crier auprès de ceux qui pourraient, selon eux, arrêter le désastre. Leur refuser la sincérité et l’autonomie de leur démarche, c’est ne pas comprendre cette génération à la peur nouvelle.

Sur le plan du "calendrier", deux remarques sont à faire également. Coïncidence heureuse ou malheureuse, la venue de Greta Thunberg à Paris a coïncidé avec le début d’une nouvelle canicule (la seconde de l’été) qui allait battre de nombreux records de température. Les plus complotistes pourraient même dire que l’adolescente a "commandité" la canicule pour avoir plus d’argumentation face à ses interlocuteurs français !

Enfin, dans l’après-midi, les députés français ont ratifié le CETA, l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Canada. Insistons rapidement sur le sujet (j’y reviendrai peut-être, ou pas), très pollué, en France, par ce fond marxiste et anticapitaliste qui, par archéo-idéologie d’un courant politique révolu, refuse tout accord commercial (avec le vilain mot de libre-échange) alors qu’un accord commercial, au contraire, permet, oblige l’augmentation du niveau d’exigence pour les normes (notamment de santé publique et d’environnement).

S’il y a bien un pays parmi les leaders de l’Accord de Paris, c’est bien le Canada (qui a des industries très polluantes), et surtout, son Premier Ministre Justin Trudeau est l’un des leaders les plus déterminés dans ce domaine. Le contraire de Donald Trump !

De plus, le CETA est déjà appliqué depuis plusieurs mois (rien d’antidémocratique puisqu’il y a ensuite ratification, mais l’Union Européenne a la délégation des États membres sur la politique commerciale, délégation voulue par tous les pays membres et cette volonté a été ratifiée par tous les parlements démocratiquement élus de ces pays membres). Le premier bilan a montré que, d’une part, cela réduisait la pollution (car les normes européennes sont plus exigeantes), et d’autre part, sur le plan économique, la France est globalement très bénéficiaire de cet accord (en revanche, certes, pas dans le secteur agroalimentaire).

Refermons la parenthèse du CETA dont le but était de ne voir aucune incohérence ni incompatibilité de voir certains députés LREM avoir invité et écouté Greta Thunberg le matin et avoir ratifié le CETA l’après-midi, et penchons-nous plutôt sur le message délivré par Greta Thunberg, message en anglais en espérant que cela ne choque pas ceux qui ne veulent que du français en France (meilleur moyen pour écarter de notre pays tous les non francophones).

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Son intervention d’une vingtaine de minutes a été faite dans le cadre d’un colloque intitulé "Répondre à l’urgence climatique : regards croisés entre la jeunesse, les politiques et les scientifiques" à l’initiative du député Matthieu Orphelin (ex-LREM), proche de Nicolas Hulot.

Je pense que la peur de Greta provient d’une lecture je dirais littérale du rapport du GIEC (à télécharger ici) publié le 8 octobre 2018. Elle le considère comme une parole d’Évangile ou même comme un Évangile et elle a la relation qu’ont les protestants avec les textes religieux, alors que les catholiques veulent surtout en retirer l’esprit (désolé si je simplifie trop et ce n’est surtout pas ici le sujet).

J’en donne pour preuve l’introduction assez percutante de l’intervention : « J’ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle concernant l’urgence climatique. Je commence par la bonne nouvelle. Comme l’ont dit quelques personnes, le monde ne va pas arriver à sa fin d’ici à onze ans. En revanche, la mauvaise nouvelle, c’est que d’ici à 2030, si nous ne faisons rien, nous serons très vraisemblablement dans une position où nous aurons passé plusieurs points de basculement et nous ne serons plus en mesure de revenir en arrière sur le changement climatique. ».

Ces propos montrent plusieurs choses. D’une part, sa peur que la Terre "s’écroule" de son vivant est bien réelle puisqu’elle pense rassurer son auditoire en disant qu’elle ne sera pas à sa fin en 2030. Qui, honnêtement, pourrait penser que la Terre se termine dans onze ans ? Peut-être elle ? D’où cette peur insupportable qui la pousse à militer, à parler au monde entier. D’autre part, elle croit que les suppositions émises par le rapport du GIEC (que je me garderais de remettre en cause en l’état actuel de mes connaissances) sont des faits scientifiques alors qu’elles ne sont que des spéculations.

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J’apprécie beaucoup la considération qu’a Greta Thunberg pour les scientifiques. Ce sont pour elles, plus que les responsables politiques, des personnes essentielles dans la lutte contre les bouleversements climatiques. En clair, des alliés. Elle a raison car seule la science peut apporter des diagnostics et des pistes de solutions. Mais le moindre médecin pourra le dire : face à un patient, il faut d’abord établir un diagnostic, il est plus ou moins certain en fonction des pathologies, et l’expérience, la compétence et la veille du médecin comptent beaucoup sur la pertinence du diagnostic. Ensuite, la thérapie est une autre paire de manches. Face à une grave maladie, le traitement peut être incertain, et plus encore incertaines sont les réactions du patient à ce traitement. Tout n’est alors que prévision, pronostic, hypothèse, et donc spéculation. On n’est plus dans le champ du fait scientifique mais de la prévision plus ou moins pertinente.

Sauf si elle connaît un scientifique dans son entourage proche, il me semble que ce n’est pas le cas pour sa famille restreinte, Greta Thunberg me semble idéaliser le métier de scientifiques qui ne sont pas des devins mais des professionnels du doute. Pour rendre un résultat fiable, il faut qu’il soit reproductible, compris par des collègues, confirmé par d’autres. C’est un processus plein de doute qui, hélas, n’est pas dans le même tempo que le processus médiatique qui nécessite l’urgence. Greta Thunberg pourrait s’en sortir par une pirouette en rappelant l’urgence climatique (c’était le thème du colloque, comme les scientifiques en était un autre thème).

Quant au point de non-retour si l’on ne fait rien avant 2030, c’est une erreur de le penser ainsi : le monde est embarqué dans un processus irréversible. C’est déjà trop tard depuis longtemps… ou avant longtemps. Comment considérer sérieusement, à l’échelle planétaire, à l’échelle de plusieurs milliards d’années, que onze ans est une durée qui est rapport aux enjeux de la planète ? C’est assez naïf de le penser de la part d’une non scientifique. En revanche, ce que dit le rapport est plus qu’une alerte : il faut faire quelque chose. De là à prendre dans le sens littéral risque de discréditer l’ensemble du rapport, discréditer à mon sens injustement.

Ce fut ainsi que Greta Thunberg s’est servie de ce rapport, de quelques données scientifiques qui permettent d’asseoir son discours alarmiste. En ce sens, elle a raison. Il faut noter que la lecture de ce rapport est très ardue (je prévoyais d'en faire un compte-rendu, peut-être un peu plus tard), et donc, elle se sent dans l’obligation d’en faire la transmission : « Pas une seule fois je n’ai entendu un politique, un journaliste ou un chef d’entreprise mentionner ces chiffres. C’est comme si vous ne saviez même pas que ces chiffres existent. C’est comme si vous n’aviez même pas lu le dernier rapport du GIEC sur lequel se fonde l’avenir de notre civilisation. Ou peut-être que vous n’êtes pas suffisamment mûrs pour accepter ce rapport ? ».

Il y a dans ces propos une sorte de culpabilisation outrancière qui ne provient que de l’arrogance de la jeunesse. Bien évidemment que très peu de monde a lu ce rapport très compliqué à comprendre. La plupart des documents sont rarement lus intégralement par les citoyens au bout de la chaîne d’information même si, depuis une vingtaine d’années, ils sont heureusement accessibles sur l’Internet. Le processus en général, c’est qu’il y a deux ou trois intermédiaires, médiateurs qui permettent de faire transmettre l’information. Or, pour le rapport du GIEC, on est entré dans une sorte de religion, il y a les croyants (les "alarmistes") et les athées (les "sceptiques"). On quitte le domaine de la raison et l’on entre dans le domaine de l’impression.

Cette culpabilisation est permanente dans la démarche de Greta Thunberg : « Parce que vous avez ignoré les faits, parce que vous et pratiquement tous les médias jusqu’à aujourd’hui, continuent à ignorer ces chiffres, les gens ne savent pas ce qui est en train de se passer. Si vous respectez la science, respectez la science, tout est dit. Si vous comprenez la science, tout est dit. ».

Messianique, Greta Thunberg s’est sentie obligée de défendre sa démarche face à ceux qui la dénigraient : « Nous devenons les affreux, les affreux qui avons à dire ces choses très désagréables aux gens, car personne d’autre ne veut le faire, ou n’ose le faire. (…) Simplement parce que nous citons ces chiffres, des gens se moquent ou disent que nous racontons des mensonges. (…) Il n’y a pas de juste de milieu quand on parle de l’urgence climatique. ».





Le discours de Greta Thunberg a donc pour but de réveiller les consciences. Mais est-ce efficace si, comme elle peut le supposer, on n’est pas assez "mûrs" pour accepter ce rapport ? Comme elle sait reprendre les informations pour impressionner, elle a ainsi lâché au milieu de son discours : « Depuis que j’ai commencé à vous parler, le monde vient d’émettre près de 800 000 tonnes de CO2. ». Cela peut impressionner, mais sans données comparatives, cela ne parle pas beaucoup aux gens.

Culpabiliser, elle sait le faire surtout avec les décideurs politiques. En réponse à un journaliste : « Je pense qu’aucun pays n’en fait assez. Je suis venu ici parce que j’ai été invitée et que c’était possible pour moi. Mais mon message est le même pour tous les Parlements, tous les Premiers Ministres, tous les Présidents. ».

C’est propre à la jeunesse d’être "carré", "cassant", de ne jamais caresser dans le sens du poil, d’être arrogant intellectuellement, de se croire détenteur de la vérité absolue. Même ses sympathisants, elle les "engueule" : « J’ai entendu beaucoup dire "merci, vous me donnez de l’espoir pour l’avenir". J’ai l’impression que vous n’avez pas bien compris ce que nous disons. Donc, plutôt que de louer ce que nous faisons, essayez, vous, de faire quelque chose ! ». Avec une telle phrase, comment pourrait-elle être manipulée ? être un simple robot programmé qui parlerait ? En tout cas, son programmeur n’aurait pas les caractéristiques des conseillers en communication ordinaires qui lui auraient conseillé, au contraire, de flatter, brosser dans le sens du poil, embellir, valoriser, écouter les interlocuteurs.

Il y a une réelle sagesse dans son discours : « Je suis convaincue que le plus grand danger, ce n’est pas le fait d’être inactif. Le plus gros danger, c’est lorsque les entreprises, les politiques, font semblant d’agir alors que rien n’est fait, sauf de belles campagnes de communication. ».

Greta Thunberg ne rend cependant pas seuls responsables de l’inaction les décideurs politiques et économiques, mais aussi les peuples entiers : «  J’aimerais également vous dire autre chose. Il est impossible de traiter une crise sans la traiter comme une véritable crise et sans comprendre toutes ses dimensions. Vous ne pouvez laisser les responsabilités aux personnes, aux politiques, au marché. Tout le monde doit être inclus et doit lutter en même temps. ».

J’adhère à cette idée de la responsabilité de chacun. Chaque citoyen est un consommateur, est un voyageur, est un électeur, est un contribuable. À chacun d’agir pour faire pression sur la vie, sur la société, sur les emplois, sur l’environnement. Il ne faut pas s’étonner (ni pleurer) s’il n’y a plus d’emploi alors que l’on achète parallèlement des services à très bas prix. Que chacun, avant tout, respecte dans ses actes les idées auxquelles il croit, ce sera déjà une grande avancée dans la cohérence des foules.

Quant à Greta, qu’elle continue à être le poil à gratter de la classe politique mondiale, les peuples en ont besoin et ce sera salutaire pour la planète !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 juillet 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Greta Thunberg, Notre-Dame la Planète (en feu).
Greta Thunberg, future Prix Nobel de la Peur ?
Rapport du GIEC sur les scénarios des émissions de CO2 publié le 8 octobre 2018 (à télécharger).
Rapport de l’IPBES sur la biodiversité publié le 6 mai 2019 (à télécharger).
Emmanuel Macron explique sa transition écologique.
Canicule de juin 2019.
Inondation à Paris.
Épisode de neige.
Circulation alternée.
La taxation du diesel.
L’écotaxe.
Une catastrophe écologique ?
Amoco Cadiz (16 mars 1978).
Tchernobyl (26 avril 1986).
AZF (21 septembre 2001).
Fukushima (11 mars 2011).
L’industrie de l’énergie en France.
La COP21.
GIEC : la fin du monde en direct, prochainement sur vos écrans !
Vibrez avec la NASA …ou sans !
Le scandale de Volkswagen.
Le tsunami des Célèbes (28 septembre 2018).
Le tremblement de terre à Haïti (12 janvier 2010).

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