« Je suis (…) convaincu que si l’État doit rester fort, et ferme, il est d’abord garant de la paix publique. Fixer le cap et le tenir est une nécessité pour gouverner la France, mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la Nation. Depuis le début du mouvement, quatre de nos compatriotes ont trouvé la mort. Plusieurs centaines de concitoyens, en particulier des membres de nos forces de l’ordre, ont été blessés. Des menaces et des insultes s’expriment sans retenue, contre les élus de la Nation et contre les gilets jaunes eux-mêmes. Cela ne ressemble pas à ce que nous voulons être. Les violences doivent cesser. » (Édouard Philippe, le 4 décembre 2018 à Matignon).



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J’ai assez apprécié la position de l’éditorialiste Nicolas Beytout, fondateur de "L’Opinion", qui disait à son contradicteur socialiste Julien Dray le 5 décembre 2018 sur LCI qu’il fallait répondre positivement à l’appel au calme et à la responsabilité émis par le Président de la République Emmanuel Macron. Précisément, le porte-parole du gouvernement a expliqué, lors de son compte-rendu du conseil des ministres du 5 décembre 2018 : « Le Président a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain. ».

Pourtant, on ne peut pas dire que Nicolas Beytout soit un suppôt de la Macronie. On pourrait plutôt dire que les forces politiques qu’il représente se satisferaient bien d’un échec de la majorité actuelle. Mais ce serait compter sans la responsabilité et l’intérêt national.

Tous ceux qui peuvent avoir une petite influence, les politiques, les syndicalistes, les journalistes aussi, tous devraient être aujourd’hui dans l’apaisement pour éviter que la journée de samedi 8 décembre 2018 ne se transforme en boucherie. La moindre effusion de sang mettrait sur le banc des accusés tous ceux qui auront mis de l’huile sur le feu. Leur responsabilité est énorme. Je me réjouis de la réunion des organisations syndicales pour essayer de construire quelque chose de cette crise.

Politiquement, on peut comprendre que toutes les forces politiques qui ont échoué au printemps 2017 essaient de profiter politiquement du mouvement des gilets jaunes, qu’elles n’ont pas plus vu venir que la majorité. Elles voient une sorte de revanche. Elles veulent refaire le match.

Le pire dans cette posture est sans doute Jean-Luc Mélenchon, complètement dépassé par la situation mais qui croit y voir la réalisation de ses rêves. Incapable de mobiliser contre la réforme du code du travail ou d’autres réformes comme celle de la SNCF, complètement en dehors du coup pour les gilets jaunes, il tente de noyauter ce mouvement très maladroitement (car il ne le fait pas vraiment avec finesse). Ainsi, à l’Assemblée Nationale, il a confirmé qu’il s’est transformé en "Marseillais" par l’exagération et la grandiloquence, parlant de "millions" quand la réalité est dix à cent fois moindre : « Voici des millions de gens, dont la vie avait été rendue invisible, dans l’hexagone et en outre-mer, voici des millions de gens, le peuple, qui entrent sur la grande scène de l’histoire de France. Et, clin d’œil de l’histoire, ce gilet jaune de la visibilité routière et des tenues de chantier est devenu, en quelque sorte, le nouveau bonnet phrygien des Français qui s’affranchissent de la résignation, de l’isolement et de ce silence meurtri des souffrances que l’on tait par dignité et pour ne pas céder. ».

Mais dans cette déclaration bien tournée dans la forme, aucune condamnation de la violence du 1er décembre 2018, aucun appel au calme, pire, un véritable appel à la confrontation : « On penserait plutôt que vous ne serez peut-être plus à ce banc dès la semaine prochaine. Même si vous embastillez des lycéens aujourd’hui, vous n’empêcherez pas qu’ils soient des dizaines de milliers vendredi dans les rues. Les routiers, les pompiers, les agents des services publics et ainsi de suite, en feront de même au fil des appels à la grève qui se succèdent d’heure en heure. Il paraît que vous demandez aux gens raisonnables de rester chez eux samedi. Eh bien, ils descendront tout de même dans la rue. Allez dire au monarque présidentiel que les gens raisonnables sont sur les ronds-points et dans les rues, et qu’ils n’en partiront pas avant que vous n’ayez cédé pour de vrai ou que vous ne soyez partis. Cédez ou partez, mais ne partez pas avant d’avoir cédé. ».

Un véritable discours de pyromane ! (Comme lui a lancé le député Rémy Rebeyrotte).

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C’est la caricature de la récupération politique. À aucun moment Jean-Luc Mélenchon n’a exprimé ni regret ni condamnation de la violence. À aucun moment il n’a eu une pensée pour les quatre personnes qui sont mortes, par accident, depuis le début du mouvement comme l’a rappelé le Premier Ministre Édouard Philippe dans son allocution du 4 décembre 2018 à Matignon (dont on peut lire le texte intégral ici).

La crise, réellement démarrée le 17 novembre 2018, n’a reçu, de la part du gouvernement, et jusqu’au 4 décembre 2018, qu’une réponse inflexible du gouvernement sur l’importance de "tenir le cap".

La qualification d’Emmanuel Macron comme "Président des riches" est aussi injuste que celle de Nicolas Sarkozy, il y a dix ans, de "Président des riches" aussi. Déjà, qui est riche ? Tout est relatif et beaucoup de ceux qui fustigent les riches le sont aussi, et en premier lieu, rappelons-le, Jean-Luc Mélenchon, l’un des candidats parmi les plus riches de l’élection présidentielle, richesse acquise évidemment honnêtement mais principalement par l’argent public (des contribuables !) provenant de ses 58 années de mandats électifs cumulés ! Drôle de révolutionnaire populaire.

C’est sûr que lorsqu’on est dans la détresse matérielle, que je conçois très bien pour de multiples raisons, on peut avoir tendance à envier ceux qui ne sont pas dans le besoin. C’est naturel mais ce n’est ni politique (où est le projet politique ?) ni responsable (plomber ou plutôt, plumer les riches ne fera jamais qu’augmenter le nombre des pauvres).

C’est injuste pour plusieurs raisons mais auparavant, prenons une des revendications des gilets jaunes : défiscaliser les heures supplémentaires. Plus exactement, revenir sur la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, suppression décidée par François Hollande par simple idéologie politicienne pour contrer la mesure qui avait été prise par …Nicolas Sarkozy, ce fameux précédent "Président des riches". Eh oui, à l’époque, on ne disait pas que cette mesure avait aidé les travailleurs les moins aisés. Les cadres, de toute façon, ne font pas d’heures supplémentaires car ils sont payés à la journée. Il a fallu attendre la suppression de la défiscalisation pour se rendre compte que c’était une mesure favorable au pouvoir d’achat du peuple. Comme la France perd son temps et tourne en rond à cause des postures politiciennes ! C’est de cela qu’elle meurt.

Le gouvernement actuel, lui, a voulu répondre par des arguments de raison à la détresse exprimée (pour la plupart) sincèrement par les gilets jaunes. Cette détresse, elle se traduit par exemple par des sondages qui indiquent que la moitié des Français a peur de se retrouver un jour dans la rue, à cause d’un accident de la vie (licenciement, divorce, maladie, etc.). La moitié ! Cette peur du déclassement peut amener certains à la colère, colère de ne pas être compris, de ne pas être écoutés.

L’exemple typique fut lors de la première semaine. Les taxes sur les carburants sont trop fortes ? Nous vous proposons une aide pour acheter une nouvelle voiture. Comment, ce n’est pas assez ? Alors nous vous proposons de changer de chaudière. À l’évidence, ce discours est la traduction d’une vision très technocratique et absolument insensible de cette détresse.

Pourtant, le gouvernement peut se sentir injustement critiqué sur le pouvoir d’achat. Je pense que c’est une question non seulement de communication mais de mise en forme. Il y avait un réel sujet politique avec la CSG : augmentation de la CSG et suppression de la cotisation salariale pour le chômage. C’est un acte politique fort. Qui est discutable mais qui n’a jamais été discuté. Sur le fond, cela signifierait que l’indemnisation chômage n’est plus une assurance. Ce n’est donc plus un droit mutuel mais une aide de l’État. Cela a de très lourdes conséquences. C’est une révolution sociale. Mais aucun débat sur le sujet. Peut-être volontairement. Que font les syndicats ?

Or, cette double opération aurait dû apporter du pouvoir d’achat aux salariés, c’est-à-dire, à ceux qui cotisaient à l’assurance-chômage. Mais cela ne pouvait se "ressentir" que si cette double opération avait été réalisée en même temps. Or, le gouvernement, pour grappiller quelques milliards d’euros, a préféré le faire en deux temps, augmentation de la CSG en janvier 2018 et suppression de la cotisation chômage en octobre 2018. Résultat, tout le monde l’a senti passer en janvier 2018 sans espérer une hypothétique baisse de cotisation neuf mois plus tard, et de toute façon, deux catégories ne payent pas de cotisation chômage, les fonctionnaires et les retraités. Pourtant, Emmanuel Macron était prêt à théoriser le fait de faire contribuer plus les retraités et moins les salariés. Là encore, c’était un débat de société, qui n’a pas vraiment eu lieu.

Les augmentations de taxes sur les carburants procèdent avant tout du rééquilibrage budgétaire et pas de la transition écologique dont l’argument est arrivé tardivement (et hors programme de la campagne présidentielle). Le déficit budgétaire est 100 milliards d’euros pour 2019, et l’on augmente encore et toujours les dépenses publiques (+0,6%). Dire que le gouvernement est ultralibéral est complètement stupide : jamais l’État n’a dépensé autant ! Le mouvement des gilets jaunes, c’est avant tout les prélèvements obligatoires (taxes et impôts) qui prennent à la gorge. Avant 1981, ces prélèvements obligatoires étaient d’environ 38% du PIB, maintenant environ 48%. En ce sens, François Mitterrand était bien plus "libéral" qu’Emmanuel Macron. Et Léon Blum, encore bien plus !

Donc, le discours initial du gouvernement était ambivalent. D’une part, le pouvoir d’achat, même si cela n’est pas pour tout le monde (notamment la baisse de la taxe d’habitation), il s’est amélioré en partie, mais la manière de faire a rendu cette amélioration totalement inaperçue et même imperceptible, car parallèlement, il y a eu des taxes sur les carburants, et bientôt, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui va faire très mal en janvier 2019. D’autre part, le gouvernement se moque du monde quand il évoque la transition écologique alors qu’il veut surtout un budget avec un déficit de moins de 3% du PIB. La preuve, c’est que la part de la hausse de taxes sur les carburants consacrée à la transition écologique ne correspond qu’à un cinquième des recettes associées. Le reste, c’est du sonnant et trébuchant pour avoir un budget relativement admissible. Cela au lieu de réduire les dépenses de l’État, comme Emmanuel Macron avait promis lors de la campagne présidentielle.

Au-delà de la tromperie sur la marchandise de la transition écologique, qui peut justifier la colère, il y a surtout cette incapacité à répondre sur la bonne longueur d’onde. Oui, des mesures du gouvernement ont été favorables au pouvoir d’achat. Oui, l’objectif du gouvernement, finalement, est le même que celui de la majorité des gilets jaunes, à savoir que les gens qui travaillent soient favorisés et pas pénalisés par l’État. Mais tout cela, c’est une argumentation de raison alors que le registre des gilets jaunes, sans être du tout péjoratif, est l’émotion. Et plus que la colère, c’est la peur qui l’emporte, peur de ne plus pouvoir faire face financièrement à toutes les charges, d’autant qu’arrive Noël. Comment imaginer acheter les cadeaux de ses enfants à crédit ? Même si la violence de certains gilets jaunes ne peut en aucun cas se justifier, alors que la société peut être parfois très violente contre ceux dont l’histoire tourne mal.

Il y a donc eu ce fossé énorme entre le pouvoir, une certaine élite, qui n’a pas peur de l’avenir car son avenir matériel et celui de ses enfants est déjà assuré pour diverses raisons, et dont la raison est le langage, et ces personnes du peuple qui sont peu écoutés, cette vache à lait qu’est la classe moyenne, jamais choyée, trop riche pour avoir des aides, trop pauvre pour ne pas seulement surnager, juste bonen pour payer et payer les nouvelles taxes et impôts.

Cette rationalité de l’énarque fut très visible lors des manifestations et grèves de 1995 avec un Alain Juppé "droit dans ses bottes". Je regrette qu’en 2017, Alain Juppé n’ait pas pu être élu comme le prévoyaient les sondages l’année précédente. Loin de rester psychorigide, Alain Juppé avait longuement mûri son échec de 1995. Il avait réfléchi sur la méthode des réformes et sur le fait qu’il n’était plus possible de faire les réformes à la hussarde, sans ménager le peuple. (C’est faux en revanche de dire que la dissolution du 21 avril 1997 avait pour objectif de résoudre la crise de 1995 qui était éteinte depuis longtemps après un an et demi, Jean-Luc Mélenchon aime bien réécrire l’histoire ou alors, l’ancien sous-ministre de Lionel Jospin qui a bénéficié de cette dissolution a la mémoire très courte).

Si le gouvernement a commencé à changer son registre rationnel le 4 décembre 2018, ce n’est pas à cause des violences. Les violences n’ont jamais convaincu un gouvernement sinon qu’il faut agir plus efficacement pour le retour à l’ordre public. Les souffleurs de braises disent qu’il faut continuer à aller plus loin dans la violence pour faire céder encore plus le gouvernement. Ils n’ont rien compris. Ce qui a convaincu le gouvernement de faire un geste, c’est la continuation du soutien de "l’opinion publique" qui garde sa sympathie pour les gilets jaunes.

Là encore, Édouard Philippe, dans son allocution du 4 décembre 2018, a été très maladroit. Il a parlé d’un "moratoire" des taxes pour six mois (terme peu compréhensible, surtout pour des taxes). Six mois, cela donne le 1er juillet 2019, de quoi être soupçonné de malice pour remettre les taxes après les élections européennes.

Il a fallu attendre le débat parlementaire sur les gilets jaunes le lendemain, 5 décembre 2018, pour bien se faire comprendre et pour rassurer les gilets jaunes. Édouard Philippe : « C’est pourquoi nous avons pris, avec le Président de la République, la décision de suspendre pour six mois m’application des mesures fiscales qui concernent les tarifs des carburants et les prix de l’énergie. La suspendre non pour endormir ou pour tromper, mais pour débattre : en débattre avec les représentants syndicaux, avec vous, les élus, et bien sûr avec les citoyens, afin d’identifier les mesures d’accompagnement les plus justes et les plus efficaces. ».

Et enfin, la phrase qui devrait rassurer sur la sincérité du gouvernement : « Je le dis ici : si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors nous abandonnerons cette taxe. Et c’est la raison pour laquelle le gouvernement ne proposera pas au Parlement de rétablir ces dispositions fiscales dans le projet de loi de finances. Si, et seulement si, un accord intervient, nous les inscrirons dans le projet de loi de finances rectificatives prévue de longue date pour le printemps. Ces décisions ont donc pour but de ramener la sérénité dans le pays. ». Édouard Philippe a parlé de "rétablir" car le Sénat a voté (je crois à la quasi-unanimité) la suppression de ces taxes en première lecture.

Finalement, dans la soirée, ces taxes ont été purement et simplement supprimées. Pourquoi ne pas l’avoir fait la veille pour éviter toute ambiguïté et émettre un signe fort et lisible ?

Le gouvernement refuse de reconnaître qu’il y a un recul alors que les gilets jaunes ont besoin que ce recul soit acté, formalisé. Le président du groupe UDI à l’Assemblée Nationale Jean-Christophe Lagarde l’a exprimé ainsi dans le débat du 5 décembre 2018 : « C’est la question du reste à vivre de nos compatriotes qui est devenu incontournable et, plus largement, c’est le consentement à l’impôt, fondement de notre démocratie, qui est questionné comme jamais. (…) La responsabilité est partagée. Celle du gouvernement, dès son arrivée, était de répondre à ce ras-le-bol fiscal. C’est de là qu’est né le mouvement actuel : dans cette France des ronds-points, et des barrages filtrants, il y a des Français aux revenus modestes qui ne s’en sortent plus, et des classes moyennes qui ont peur de tomber dans la pauvreté, bien qu’elles travaillent ou qu’elles aient travaillé. Dans ces conditions, revenir sur ces décisions n’est pas une défaite, monsieur le Premier Ministre, c’est une preuve d’intelligence. Vous l’avez fait bien tard ; nous espérons qu’il est encore temps. Au-delà de ce recul, qui était inévitable, il reste à rééquilibrer l’effort fiscal et social, qui n’est pas équitablement réparti. ».

Dans cette crise, j’ai trouvé que le groupe politique qui était le plus responsable était celui du MoDem. Son (nouveau) président Patrick Mignola a introduit son intervention le 5 décembre 2018 par une considération intéressante bien que connue de tous : « Nous traversons un moment grave qui nous appelle tous à l’humilité et à la responsabilité. La France vit une colère sociale qui vient de loin. Nous en connaissons les origines. Nous sommes la première génération à devoir exercer deux ou trois métiers différents dans notre vie ; nous sommes la première génération à devoir assumer deux ou trois révolutions technologiques dans une vie alors qu’auparavant, on n’avait qu’un métier et qu’une révolution technologique embrassait deux ou trois générations. Évidemment, face à ces mutations profondes de la société, on peut parfois se sentir exclu dans son propre pays, étranger à son propre monde, plus encore si on est né dans un territoire depuis trop longtemps abandonné par la République. On voit passer le train de la mondialisation depuis le quai, alors on met un gilet jaune pour que la fluorescence appelle enfin la reconnaissance. ».

Et de faire preuve à la fois de responsabilité (prôner l’apaisement) mais aussi d’écoute pour réduire l’injustice sociale : « Le gel des taxes qui nous est proposé aujourd’hui est une reconnaissance, mais c’est aussi un signe de responsabilité et de dialogue pour ouvrir enfin le temps des solutions à construire ensemble parce que, quand on est en colère, on cherche des coupables plutôt que des solutions. Cela peut être la faute de ceux d’avant, de ceux d’aujourd’hui, peut-être même de ceux de demain, mais ce dont nous avons besoin, c’est de solutions, c’est d’un nouveau contrat civil et social dans le pays. ».

Si le débat et les revendications évoluent des taxes sur les carburants (désormais supprimées) vers le rétablissement de l’ISF, nul doute qu’on touchera à un encore plus grand symbole. Le Président Jacques Chirac n’avait plus osé y retoucher après avoir supprimé l’IGF lors de la première cohabitation. Pourtant, tout le monde explique que cet impôt est inutile, voire pas rentable (cela coûte plus cher de le percevoir que ce que cela rapporte).

La raison donnée par le gouvernement a été que les 4 milliards d’euros de l’ISF seraient redistribués dans l’activité économique en France, dans des investissements. Eh bien, au bout de plus d’une année, qu’il le prouve ! Qu’il prouve que cet argent n’a pas été "lâché" sans résultat sur l’économie française, en sachant que sur l’emploi, il n’y a pas eu (encore) beaucoup d’impact à ce jour.

Étrangement, sa suppression (en ne laissant que la part immobilière, celle des "petits riches" qui ne peuvent pas quitter la France) n’a pas provoqué de "révolte" en 2017. Pourtant, il est aujourd’hui au centre des discussions. Emmanuel Macron, le Président prêt à se corriger, pourrait alors étonner s’il décidait finalement de revenir sur cette décision. Au conseil des ministres du 5 décembre 2018, il l’avait exclu formellement. Mais aujourd’hui, chaque jour est différent.

Le principal, c’est que la journée de samedi 8 décembre 2018 ne soit pas un bain de sang. Certains le souhaiteraient presque pour faire la révolution sans penser aux futures victimes, à leur famille, à leurs amis. L’esprit de responsabilité, c’est d’une part de prôner le calme, en tout cas pour tous ceux qui sont élus, parlementaires, qui ont une influence sur les gens. Et c’est d’autre part, pour le gouvernement, de montrer par des gestes forts qu’il a compris la détresse de ceux qui sont en colère et qui savent que la violence, dans tous les cas, ne résoudra rien.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 décembre 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Gilets jaunes : angoisse versus raison.
Allocution du Premier Ministre Édouard Philippe le 4 décembre 2018 à Matignon (texte intégral).
Gilets jaunes : est-ce un soulèvement ?
La Révolution en deux ans.
Discours du Président Emmanuel Macron le 27 novembre 2018 à l’Élysée (texte intégral).
Gilets jaunes : Emmanuel Macron explique sa transition écologique.
Christophe Castaner, à l’épreuve du feu avec les "gilets jaunes".
L’irresponsabilité majeure des "gilets jaunes".
Gilets jaunes : démocratie des urnes et grognement des rues.
Les taxes sur les carburants compenseraient-elles la baisse de la taxe d'habitation ?
Le bilan humain très lourd de la journée des "gilets jaunes" du 17 novembre 2018.
Gilets jaunes, au moins un mort et plusieurs blessés : arrêtez le massacre !
Emmanuel Macron, futur "gilet jaune" ?
Le Mouvement du 17-novembre.
Emmanuel Macron.
Édouard Philippe.
La taxation du diesel.
L’écotaxe.
Une catastrophe écologique ?
Amoco Cadiz (16 mars 1978).
Tchernobyl (26 avril 1986).
AZF (21 septembre 2001).
Fukushima (11 mars 2011).
L’industrie de l’énergie en France.
La COP21.
GIEC : la fin du monde en direct, prochainement sur vos écrans !
Vibrez avec la NASA …ou sans !
Le scandale de Volkswagen.

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https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gilets-jaunes-l-angoisse-versus-la-210379

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