« Est-ce que je me préfère aujourd’hui ? (…) Oui, je me préfère aujourd’hui peut-être parce que j’ai un meilleur regard sur moi. (...) Je me fais plus confiance. Donc je suis beaucoup plus sereine. Enfin, en général. » (Patricia Kaas, le 20 novembre 2016 sur France 2).



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Ce dimanche 5 décembre 2021, la chanteuse Patricia Kaas fête son 55e anniversaire. J’aime particulièrement sa voix et ses prestations, une femme sensible, sentimentale, n’ayant pas trop le melon, toujours respectueuse de ses origines modestes.

Cela n’a l’air de rien, les origines géographiques, et pourtant, le petit lien commun avec moi est la Lorraine. Certes, ce n’est pas la même Lorraine, mais c’est quand même la Lorraine qui fait apprendre naturellement l’allemand en première langue vivante dans les écoles. Elle, Patricia, c’est "pire" (si j’ose écrire), puisque, de mère allemande, elle ne parlait pas français petite mais un dialecte allemand, car née et vivant près de la frontière allemande, du côté de Forbach (là où Florian Philippot a tenté sa chance). À ses débuts, son accent allemand à Paris était un handicap dans les milieux culturels. Cela contribuait à son manque de confiance en elle.

Patricia Kaas représentait bien les jeunes femmes de Lorraine, à la silhouette avenante, longiligne, à la voix un peu rude, grave, regard timide et réfléchi, et au sourire glacé du soleil d’hiver (et je peux mettre au présent car 55 ans, c’est encore jeune, bien sûr ! et elle se dit d’ailleurs que son âge sentimental est 37 ans). C’est sa voix grave, puissante, qui a évidemment mené sa vie dès le plus jeune âge, vers les 6 ans. À partir de 8 ans, elle chantait dans certaines occasions, et à partir de 13 ans, elle était déjà au niveau professionnel, chantant tous les samedis soirs dans un cabaret de Sarrebruck (de 1979 à 1986).

Au milieu des années 1980, elle faisait partie de mes coups de cœur (de toute façon, quand on habite les années 1980, on y reste). Sa mère l’avait élevée ainsi que toute sa fratrie : ils étaient une fratrie de sept, elle la dernière, "accident" au départ, mais désiré une fois "en route", probablement avec un peu le privilège de la dernière.

Son père était mineur, c’était un métier difficile, très physique, mais, ceux qui ne sont pas de la région pourraient avoir du mal à comprendre, de la région et de l’époque, car il n’y a plus rien maintenant, le métier de mineur était noble, la chose que voulait un mineur, c’était que son fils le devînt aussi. Patricia Kaas a vécu des moments difficiles, sa mère malade est morte jeune au début de sa carrière musicale et elle a fait sa première tournée avec le deuil en bandoulière. Elle a vécu aussi la mort de son père et d’un frère.

L’ayant découverte par hasard, c’est Gérard Depardieu qui a financé son premier disque au printemps 1985, un 45 tours (c’était du temps du vinyle !), avec sa chanson "Jalouse" qui fut remarquée mais ce ne fut pas un succès.

En revanche, Gérard Depardieu lui a fait découvrir François Bernheim, un producteur de musique, qui lui a proposé d’interpréter une chanson écrite par Didier Barbelivien dont personne ne voulait, quatre l’avaient déjà refusée dont Nicoletta : "Mademoiselle chante le blues" en avril 1987 fut un véritable tube et le démarrage de la belle carrière de Patricia Kaas. Pour elle, la vie parisienne était difficile car elle était la jeune fille de province qui n’avait aucun code de ce milieu et lorsque son premier disque a été un échec, elle en était presque soulagée car elle ne voyait pas comment intégrer une vie sociale aussi différente que la sienne.

Au fil de ses interprétations, Patricia Kaas a travaillé notamment avec François Bernheim, Didier Barbelivien, Michel Legrand, Jean-Jacques Goldman, Renaud, Francis Cabrel, Marc Lavoine, Zazie, Pascal Obispo, Étienne Roda-Gil, etc.

Avec son tube, elle était désormais au Top 50, et même Top 10, elle a fait sa première scène à l’Olympia le jour de ses 21 ans en décembre 1987 et son premier album 33 tours a été produit en novembre 1988. Sa mère, qui est morte en mai 1989, a vécu les premiers succès de sa fille qu’elle avait toujours soutenue dans sa passion.

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À partir de cette époque, elle est devenue la star… la star française, mais aussi la star internationale. Quand dans les années 2000, vous alliez dans un supermarché à Moscou, nécessairement, vous entendiez au moins une chanson de Patricia Kaas dans les haut-parleurs. Les Russes adorent Patricia Kaas et aussi l’une de ces prédécesseures, dans le genre chanteuse des milieux populaires comme elle : Édith Piaf à qui elle a rendu hommage en produisant un disque en novembre 2012, à l’occasion des 50 ans de sa disparition.

Pourquoi les Russes, et plus généralement, les populations de l’Est de l’Europe l’aiment-elles autant ? Peut-être parce qu’elle se disait être une fille de l’Est (mais de la France) ? Ou qu’elle représente une certaine idée du romantisme français, faite de mélancolie, de nostalgie (ce qui est très slave) ? Elle est aussi très appréciée en Asie du Sud-Est.

En trente-cinq ans de carrière de star (elle continue à produire des disques et à faire des tournées), elle a déjà vendu 18 millions d’exemplaires de ses disques et a cumulé de nombreux prix, le premier fut le Prix Charles Cros pour son premier succès en 1987, puis six Victoires de la musique (1988 révélation de l’année, 1989 meilleures ventes à l’étranger, 1991 meilleure interprète féminine et meilleures ventes à l’étranger, 1992 meilleures ventes à l’étranger, 1995 meilleures ventes à l’étranger), et bien d’autres récompenses. Entre autres décorations, elle a reçu la croix d’officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne en 2003 en raison de ses efforts pour favoriser l’amitié franco-allemande. Le 16 mai 2009 à Moscou, elle a aussi représenté la France avec "Et s’il fallait le faire" au concours Eurovision, une prestation qui fut un grand succès mais elle n’a pas remporté le concours (classée 8e sur 25).

Je propose ici les principaux succès du début de carrière de Patricia Kaas ainsi qu’une interview récente (il y a cinq ans) de Patricia Kaas répondant aux questions de Catherine Ceylac à "Thé ou Café" le 20 novembre 2016 sur France 2, elle allait atteindre son 50e anniversaire.



1.
"Jalouse"






2. "Mademoiselle chante le blues"






3. "D’Allemagne"






4. "Mon mec à moi"






5. "Quand Jimmy dit"






6. "Les hommes qui passent"






7. "Les mannequins d’osier"






8. "Regarde les riches"






9. "Une dernière semaine à New York"






10. "Vénus des abribus"






11. "Il me dit que je suis belle"






12. Best of






13. Concert à Bâle en 2002






14. "Thé ou café" animé par Catherine Ceylac, le 20 novembre 2016 sur France 2






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 décembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Patricia Kaas.
Joséphine Baker.
Thierry Le Luron.
Jean Amadou.
Frédéric Fromet.
Sim.
Georges Brassens.
Yves Montand.
Nicole Croisille.
Philippe Léotard.
Jean-Jacques Goldman.
Marthe Mercadier.
Mylène Farmer.
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
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John Lennon.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20211205-patricia-kaas.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/patricia-kaas-l-enchanteresse-de-l-237676

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/11/28/39239251.html