« Devoir, vérité, confiance, nul moment ne résuma mieux ce triptyque que l’attitude de Mendès France face à la guerre d’Algérie. Il refusa d’appeler à la désertion les soldats qui combattaient là-bas. Il reconnut la vérité sur la torture et démissionna du gouvernement Mollet. Il garda cependant confiance dans le dialogue et la raison. À chaque fois, Mendès agit en conscience. » (Communiqué de l'Élysée le 18 octobre 2022).



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Et le communiqué de poursuivre : « C’est l’autorité de cette conscience qui lui valut très vite l’admiration de toute une génération d’intellectuels et de hauts-fonctionnaires. (…) Les leçons de Mendès France sont toujours vivantes. Face à la haine, à l’antisémitisme et au racisme, ne rien céder des valeurs forgées en 1789. Face à l’adversité, demeurer une Nation unie par un contrat de vérité. Face à un monde tenaillé par les conflits, dresser une France indépendante, puissance d’équilibre dans une Europe souveraine, et qui a toujours un idéal universel à formuler pour le monde. Cette conscience, qui le conduisait à se juger sans faiblesse, à agir avec courage, à convaincre sans jamais se lasser, est un legs qui nous accompagne encore. ».

La France, et en particulier l'Assemblée Nationale, célèbrent ce mardi 18 octobre 2022 la mémoire de l'ancien Président du Conseil Pierre Mendès France mort il y a quarante ans le 18 octobre 1982 à l'âge de 75 ans (il est né le 11 janvier 1907).

Enterré avec une cérémonie présidée par le Président François Mitterrand, Pierre Mendès France n'avait pourtant aucun atome crochu avec celui qui venait de gagner un combat de la gauche : l'un était arriviste, avide de pouvoir, ambitieux, l'autre était avant tout une conscience morale et refusait de se compromettre avec les manœuvres politiciennes. Moderne, jeune talent des années 1930 (il a été élu député à l'âge de 25 ans en 1932, ministre de Léon Blum à 31 ans en 1938), il a combattu le nazisme et l'Occupation, fut condamné dans un procès inique sous Pétain, et est devenu, après la Libération, l'un des hommes politiques les plus importants de la Quatrième République.

Le Président de la République Emmanuel Macron a lui aussi, à son niveau, célébré cette date anniversaire en organisant un déjeuner au salon des ambassadeurs, à l'Élysée, avec une partie de la famille Mendès France (dont son petit-fils Tristan), l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le Ministre des Armées Sébastien Lecornu (qui est son lointain successeur comme président du conseil départemental de l'Eure), l'ancien ministre socialiste François Loncle, qui est le président de l'Institut Pierre Mendès France, le magnat de la presse Claude Perdriel (qui va avoir 96 ans le 25 octobre), qui fut proche de Pierre Mendès France dans les années 1950 et 1960, également la journaliste Anne Sinclair... (Élisabeth et Robert Badinter ont été aussi invités mais se sont fait excuser).

La présence d'Anne Sinclair n'étonne pas ceux qui connaissent ses convictions politiques ainsi que l'une de ses premières présentations d'émission en tant que journaliste. En effet, sur le plateau de FR3, Anne Sinclair a présenté le 15 mai 1977 l'émission "L'homme en question" avec pour invité principal Pierre Mendès France et les autres invités étaient Roger-Gérard Schwartzenberg, alors délégué général du Mouvement des radicaux de gauche, l'éditorialiste Jean Daniel, Alexandre Sanguinetti (ancien secrétaire général de l'UDR), et aussi Jean-Louis Bourlanges, jeune étudiant de l'ENA à l'époque (aujourd'hui président de la commission des affaires étrangères depuis janvier 2021), qui a posé sans doute la question la plus pertinente (et audacieuse) de l'émission, qui a ému l'ancien chef du gouvernement et qui l'a conduit à discuter avec l'étudiant pendant encore une trentaine de minutes après l'émission : Jean-Louis Bourlanges lui avait demandé en quelques sortes s'il n'avait pas eu peur de faire de la politique et de gouverner.

Paradoxalement, l'importance politique de Pierre Mendès France était inversement proportionnelle au nombre de mois (on ne peut même pas parler d'années) où il a gouverné, un peu à l'instar de Jean Jaurès. Furtif ministre du trésor en 1938, un peu plus long ministre de l'économie et des finances sous De Gaulle entre novembre 1943 et avril 1945, Pierre Mendès France n'a vraiment gouverné que sept mois, comme Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères entre le 18 juin 1954 et le 5 février 1955 sur un contrat clair : apporter la paix en Indochine et l'autonomie en Tunisie.

Mais son discours le plus manquant a été prononcé un an auparavant. La démission du gouvernement de René Mayer le 21 mai 1953 a effectivement installé la France dans une des nombreuses crises politiques de la Quatrième République. Après les échecs de Guy Mollet, André Diethelm et Paul Reynaud pour former le nouveau gouvernement, le Président de la République Vincent Auriol a fait appel à lui, enfin !, Pierre Mendès France.


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Son discours d'investiture devant les députés le 3 juin 1953 a marqué durablement la vie politique française par sa célèbre formule "gouverner, c'est prévoir" : « C'est ma conviction que les principaux problèmes français doivent être considérés comme un tout, que leur solution est une. (…) La cause fondamentale des maux qui accablent le pays, c'est la multiplicité et le poids des tâches qu'il entend assumer à la fois : reconstruction, modernisation et équipement, développement des pays d'outre-mer, amélioration du niveau de vie et réformes sociales, exportations, guerre en Indochine, grande et puissante armée en Europe, etc. Or, l'événement a confirmé ce que la réflexion permettait de prévoir : on ne peut pas tout faire à la fois. Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. Choisir, cela ne veut pas dire forcément éliminer ceci ou cela, mais réduire ici et parfois augmenter ; en d'autres termes, fixer des rangs de priorité. ».

Ainsi, deux priorités économiques pour lui, renforcer la productivité et assurer la justice sociale : « La réforme fiscale associée à une politique sélective du crédit fournira les moyens d'une action visant le double objectif de la justice et de la productivité. (…) Il n'y a pas de remise en ordre valable sans remise au travail, pas d'équilibre concevable sans expansion. Il est assurément singulier qu'à l'heure actuelle, en même temps que couve et menace l'inflation, dont il faut nous défendre, l'activité se soit ralentie dans de larges secteurs de notre économie. (…) Je m'interdis de faire aux travailleurs des promesses que je ne pourrai pas tenir. Si notre production demeurait au niveau actuel, une plus équitable répartition des revenus serait le seul moyen d'améliorer leur sort. Le spectacle d'inégalités criantes nous fait un devoir d'y recourir ; mais, ce que ces corrections de répartition peuvent donner est forcément très insuffisant lorsque l'on évoque les besoins. Il faut donc accroître la masse des biens à répartir. Le sous-emploi des ressources et de la main-d'œuvre est un défi à la raison et un défi à la souffrance humaine. ».

L'importance de bien gérer financièrement la France : « La rigueur financière est donc la condition de l'expansion économique. Elle l'est aussi bien d'une politique sociale efficace. (…) Pour ranimer l'économie, pour atteindre le plein emploi, nous aurons principalement recours à deux moyens : le développement des exportations, d'une part, celui de la construction, d'autre part. (…) En dehors de ces deux grands stimulants, dont l'un servira l'indépendance nationale, dont l'autre servira la paix sociale, nous réserverons aux investissements productifs, ceux des particuliers comme ceux de l'État, une place importante. L'investissement n'est pas seulement la condition nécessaire du développement de la production, il est le gage de l'avenir de la France qui ne saurait piétiner sans déchoir, tandis que ses concurrents et ses rivaux marchent à pas de géant. ».

La France, un pays difficile à réformer en tout temps : « Je ne me dissimule pas, et je ne vous dissimule pas la difficulté de réaliser des réformes. Ce n'est pas un hasard si, dans l'histoire, les réformes ont toujours été si difficiles que d'aucuns estiment qu'il faut une révolution pour y parvenir. Ce n'est pas mon sentiment. Un pays démocratique où la majorité doit avoir la prépondérance peut réaliser pacifiquement et dans l'ordre ce qui est dans l'intérêt du plus grand nombre, dans l'intérêt de la Nation. ».

Le besoin du gouvernement d'avoir les plein pouvoirs : « Le succès du programme d'action économique et sociale que j'ai défini dépend de l'adoption d'un ensemble de mesures étroitement coordonnées et rapidement prises. (…) Ces mesures, je vous demande de les réaliser par décrets. Ceux-ci ne deviendront définitifs qu'après leur ratification par le Parlement. Ils seront, en attendant, provisoirement exécutoires. (…) Une Conférence internationale, d'une extrême importance, aura lieu dans peu de semaines. Il n'est pas concevable qu'un gouvernement constitué demain, soit renversé d'ici là. Si l'Assemblée nationale m'investit, elle s'oblige par là même à m'accorder, dans les jours qui viennent, les pouvoirs étendus que je lui demanderai. ».

L'indépendance nationale : « La solidarité morale, la communauté d'idéal, la reconnaissance que nous conservons à l'égard de ceux qui ont combattu pour notre Libération et en particulier, des États-Unis, ne doivent plus être entachés d'une dépendance à laquelle il est de l'intérêt de mettre fin. ».

Réduire le nombre d'objectifs et s'y tenir : « La France doit limiter ses objectifs, mais les atteindre ; fixer sa politique, peut-être moins ambitieuse que certains le désireraient, mais s'y tenir. Notre but ne doit pas être de donner l'illusion de la grandeur, mais de refaire une Nation dont la parole soit entendue et respectée. ».

Pierre Mendès France a pensé qu'une armée européenne dans laquelle participerait les Allemands serait mieux qu'un réarmement de l'Allemagne, tandis qu'un réarmement de l'Europe occidentale était indispensable face aux forces armées du bloc communiste à l'Est.

La CED (Communauté européenne de défense), sans menace de dissolution : « Le Parlement se prononcera sur l'armée européenne en toute liberté. Nous entrons dans une période constitutionnelle nouvelle dans laquelle une crise ministérielle implique, pour l'exécutif, le droit de demander la dissolution de l'Assemblée Nationale. Le respect de la dignité de l'Assemblée exige que le gouvernement s'interdise d'user d'un moyen de pression intolérable dans ce cas, parce que susceptible de fausser la décision. Si le gouvernement que je formerais avec votre assentiment, venait à se trouver en désaccord avec l'Assemblée sur l'armée européenne et s'il était renversé, il ne se prévaudrait pas, j'en prends l'engagement sans réserve, des droits constitutionnels qui lui permettraient de demander la dissolution de l'Assemblée. Cette dernière se prononcera donc dans la plénitude d'une totale indépendance. ».

Les optimistes et les pessimistes : « D'aucuns assureront qu'il y a, pour s'y rendre, d'autres sentiers, ombragés et faciles ; en d'autres termes que, dans mon programme, on peut laisser de côté ce qui est dur pour ne retenir que ce qui est agréable. Ils ne font confiance ni au bon sens, ni à l'énergie, ni au courage de la Nation. Ce sont des pessimistes. Parler le langage de la vérité, c'est le propre des véritables optimistes, et je suis optimiste, moi qui pense que ce pays accepte la vérité, qu'il est prêt à prendre la résolution inflexible de guérir, et qu'alors il guérira. ».

Gouverner avec tous les moyens, ça passe ou ça casse : « Mais comment le ferait-il si nous-mêmes nous ne faisons pas notre devoir, tout notre devoir ? Et c'est bien pourquoi il me faut votre collaboration complète et durable. Cette collaboration entre Parlement et gouvernement exclut que, de part et d'autre, on finasse, on dissimule. Je n'ai pas rusé avec la difficulté, ni fardé ce que je crois être la vérité. Réciproquement, j'ai le droit de vous demander autre chose qu'une demi-adhésion ou une demi-décision. La politique que j'ai décrite constitue un bloc. En accepter une partie, en refuser une autre c'est rendre le tout inefficace, c'est rendre inutile la part de discipline et d'effort à laquelle on consent. Il vaut mieux repousser le tout dès aujourd'hui, ouvertement, que de se contenter, une fois encore, d'une tentative partielle et, par conséquent, inutile et démoralisante. ».

L'admiration pour trois hommes d'État, Raymond Poincaré, Léon Blum et Charles De Gaulle : « Mesdames, Messieurs, permettez-moi d'exprimer ici un sentiment personnel. Depuis que je m'intéresse à la vie publique, trois hommes ont laissé une place ineffaçable dans ma pensée. Tout jeune, j'admirais en Raymond Poincaré l'homme d'État, digne de la France qu'il gouvernait. Député, j'étais appelé par Léon Blum à faire partie de son second ministère ; une vague d'enthousiasme populaire exaltait sa générosité et son intelligence. Et cinq ans plus tard, c'est le Général De Gaulle, symbole de la continuité française et animateur de la Résistance, qui, ordonnant ma mutation, m'appelait auprès de lui, au gouvernement d'Alger. Pourquoi suis-je amené à associer, à cette heure émouvante pour moi, les noms de ces hommes si différents ? C'est sans doute parce que, sous le signe de l'amour de la patrie, leur exemple signifiait le dévouement au bien public el le sens de l'État. ».

Finalement, ce discours fut un échec. Pierre Mendès France ne recueillit que 301 voix, il lui a manqué 13 députés pour être investi. Joseph Laniel obtint l'investiture quelques jours plus tard, le 27 juin 1953. Mais Pierre Mendès France lui a succédé un an plus tard (à 47 ans) et nomma dans son gouvernement, entre autres, François Mitterrand, Jacques Chaban-Delmas, Edgar Faure, le général Kœnig, Maurice Bourgès-Maunoury, Jean Berthoin, Robert Buron, Eugène Claudius-Petit, Christian Fouchet, André Bettencourt, René Billères, Henri Cavaillet, Raymond Mondon et Jean Raffarin (le père de Jean-Pierre Raffarin).

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Sous la Cinquième République, Pierre Mendès France n'a plus été un acteur politique, juste une référence politique sinon une conscience morale. Certes, il a remporté une victoire aux législatives de mars 1967 à Grenoble, après un débat mémorable à la patinoire de Grenoble (qui allait accueillir les jeux olympiques d'hiver en février 1968) en affrontant médiatiquement le Premier Ministre Georges Pompidou, circonscription qu'il a aussitôt reperdue, avec un très faible écart, en juin 1968 au bénéfice d'un grand ministre gaullien et mendésiste, Jean-Marcel Jeanneney, qui avait enseigné à Grenoble et était inquiet de la tournure de mai 68 (dont c'était la première candidature).

Enfin, au printemps 1969, Pierre Mendès France a montré qu'il ne comprenait rien à la logique des nouvelles institutions en proposant un ticket avec Gaston Defferre, lui à Matignon, et le député-maire de Marseille à l'Élysée, comme si le pouvoir résidait encore à Matignon.

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De Pierre Mendès France, il reste en fait deux sortes d'héritage politique encore très actuels de nos jours. Il y a d'abord le fond, une politique pragmatique résolument tournée sur l'efficacité économiques (il faut produire...) mais aussi la justice sociale (…pour redistribuer les richesses), que de nombreux responsables politiques après lui ont pu adopter : Jean Lecanuet, Maurice Faure, Gaston Defferre, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Edmond Maire, Pierre Méhaignerie, Laurent Fabius, Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, Jacques Delors, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou, François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Élisabeth Borne, etc. pourraient être de ceux-là, avec sans doute un plus pour Michel Rocard dont l'importance politique était telle à gauche qu'il était capable de fédérer durablement ce courant de cette seconde gauche si insaisissable.

Mais il y a aussi ce second héritage politique, celui du comportement et de la morale, celui qui fait renoncer à gouverner tant que toutes les conditions morales ne sont pas réunies pour ne pas se compromettre, l'avidité du pouvoir étant trop faible sur le besoin d'excellence intellectuelle dans un idéal politique. Et cet héritage, évidemment, peu l'ont porté, diamétralement opposé à un François Mitterrand mais aussi à un Emmanuel Macron dont l'ambition s'accommoderait mal d'un perfectionnisme des situations. Peut-être pouvons-nous le retrouver chez Bernard Stasi, peut-être Simone Veil, Jean-Louis Borloo et Bertrand Delanoë, et bien sûr Jacques Delors.

Pierre Mendès France était trop jaloux de sa liberté intellectuelle pour soutenir clairement tant De Gaulle que François Mitterrand. Si la victoire de François Mitterrand en 1981, à la fin de sa vie, l'a un peu réconcilié avec la gauche archaïque, celle de l'alliance électorale socialo-communiste, la seule semblait-il capable de gagner, le fossé n'a jamais été réduit entre l'homme du 18 juin et celui de la paix en Indochine.

De Gaulle, qui l'avait soutenu lors que son investiture en juin 1954, a toujours amèrement regretté l'opposition frontale qu'il a subie de Pierre Mendès France lors de son retour au pouvoir en 1958, car il le considérait comme l'un des rares véritables hommes d'État de la Quatrième République. La coopération entre les deux hommes auraient sans doute eu la belle perspective d'une réconciliation politique entre les deux France, celle qu'a finalement réalisée en 2017 Emmanuel Macron à un moment où un autre clivage s'est installé dans le pays qu'on pourrait résumer par une opposition entre les optimistes et les pessimistes, selon la définition mendésienne de ces termes.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (18 octobre 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Une exigence morale en politique.
Pierre Mendès France.
Léon Blum.
La création du RPF.
De Gaulle.
Germaine Tillion.
François Mitterrand.
Pierre Pflimlin.
Henri Queuille.
Robert Schuman.
Antoine Pinay.
Félix Gaillard.
Les radicaux.
Joseph Laniel.
Georges Bidault.
Débarquement en Normandie.
Libération de Paris.
Général Leclerc.
Jean Moulin.
Daniel Cordier.
Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
Jean Monnet.
Joseph Kessel.
Maurice Druon.
André Malraux.
Maurice Schumann.
Jacques Chaban-Delmas.
Daniel Mayer.
Edmond Michelet.
Alain Savary.
Édouard Herriot.
Vincent Auriol.
René Coty.
Maurice Faure.
Gaston Defferre.
Edgar Faure.
René Cassin.
Édouard Bonnefous.

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