lundi 28 octobre 2019

Le monde humaginaire de David Foenkinos

« Cacher ma vie ne nécessitait nul effort violent. En général, ce que je vivais n’était pas soumis à une attention débordante de mon entourage. Au fond, je me mentais sûrement un peu : j’aimais le secret pour me conformer au manque d’attention des autres. (…) J’enviais parfois l’impudeur de ceux qui parlent d’eux pendant des heures, perfusés à l’égocentrisme douillet. » ("Je vais mieux", 2013, éd. Gallimard).Le romancier français David Foenkinos fête ce lundi 28 octobre 2019 son 45e anniversaire (il est né à Paris).... [Lire la suite]
mercredi 25 septembre 2019

L’empire des chats, selon Bernard Werber

« Il est déjà mort celui pour qui demain est un autre hier. Il est déjà mort celui qui sait le matin ce qui va lui arriver l’après-midi. Il est déjà mort celui qui n’aspire qu’à l’immobilisme et à la sécurité. » ("Demain les chats", 2016).Ce mercredi 25 septembre 2019 sort aux éditions Albin Michel le nouveau roman de Bernard Werber, "Sa majesté des chats". Un livre de 464 pages qui promet, comme ses précédents ouvrages, un grand succès commercial. Bernard Werber est un auteur prolifique depuis vingt-huit ans, il sort un... [Lire la suite]
vendredi 20 septembre 2019

Françoise Sagan, éclaboussée d’étoiles : "le bonheur m’a toujours semblé une ratification"

« La liberté de penser, et de mal penser et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux dire "d’être moi-même" puisque je n’étais rien qu’une pâte modelable, mais celle de refuser les moules. » ("Bonjour tristesse", 1954, éd. Julliard).La romancière Françoise Sagan est morte ruinée, endettée, malade, à Honfleur, il y a quinze ans, le 24 septembre 2004 à l’âge de 69 ans (elle est née le 21 juin 1935 à Cajarc). Pour fêter cet anniversaire, les éditions Plon ont fait fort : dans... [Lire la suite]
vendredi 2 août 2019

Michel Déon, le voyageur libre et fidèle

« Personne ne vous demande d’oublier cette différence mais, en acceptant celle des autres, vous faites accepter la vôtre. » (5 mars 1987).Le romancier Michel Déon est né il y a un siècle, le 4 août 1919 à Paris. Il est mort il y a deux ans et demi, à 97 ans, le 28 décembre 2016 à Galway en Irlande. Avoir 20 ans en 1940 pose son existence dans l’histoire dramatique du monde. Au contraire d’autres écrivains, Michel Déon ne fut pas un résistant. Passant son adolescence dans les beaux quartiers de Paris et à Monaco (où son père... [Lire la suite]
mardi 30 juillet 2019

Saint-Exupéry au pays du Petit Prince : "voici une belle promesse de vie"

« Tu auras de la peine. J’aurai l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai… (…) Tu comprends. C’est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C’est trop lourd. (…) Mais c sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n’est pas triste les vieilles écorces… » (Saint-Exupéry, 1943).Une vieille écorce. Un bout d’ongle, des cheveux coupés… C’était exactement ainsi que j’ai compris ce qu’était le corps sans vie de mon grand-père, lorsque, triste, je suis allé le voir une dernière fois. En redécouvrant le conteur, j’ai retrouvé... [Lire la suite]
samedi 27 juillet 2019

Bernard Werber, maître du roman d'anticipation

« Il est déjà mort celui pour qui demain est un autre hier. Il est déjà mort celui qui sait le matin ce qui va lui arriver l’après-midi. Il est déjà mort celui qui n’aspire qu’à l’immobilisme et à la sécurité. » ("Demain les chats", 2016).Ce mercredi 25 septembre 2019 sort aux éditions Albin Michel le nouveau roman de Bernard Werber, "Sa majesté des chats". Un livre de 464 pages qui promet, comme ses précédents ouvrages, un grand succès commercial. Bernard Werber est un auteur prolifique depuis vingt-huit ans, il sort un... [Lire la suite]
mardi 23 juillet 2019

Joseph Kessel : plus long le chemin, plus riches ses promesses

« À leurs yeux, la Sibérie n’était qu’un désert glacé, maudit, et le voyage destiné à l’atteindre une interminable et ridicule entreprise. Moi… moi, dans une espèce de transe, je traversais des continents et des océans inconnus. Plus long le chemin, plus riches ses promesses. Et à son terme, au bout du monde, ces steppes de neige infinie, ces fleuves géants, ces forêts sans fin, ces tribus de l’âge de pierre, et ces cosaques du Baïkal, de l’Amour. Et les chants des forçats. » ("Les Temps sauvages", 1975).En regardant un... [Lire la suite]
vendredi 5 juillet 2019

Edgar Morin, 98 ans : la complexité face au mystère de la réalité

« Notre façon de penser reste binaire, y compris chez les scientifiques. C’est cela qui explique que mon apport soit, non enraciné, mais dispersé. (…) Je suis comme un arbre dont le vent emporte les graines qui retombent parfois dans des déserts ou, quelquefois, germeront très loin d’ici. (…) Je me suis fait ma propre culture en travaillant sur des problèmes complexes donc transdisciplinaires. C’est vrai que pour un monde mandarinal, ou pour le spécialiste classique, je reste une sorte d’ovni, bien que tous les matériaux... [Lire la suite]
samedi 1 juin 2019

Michel Serres et son effet sur les filles de petite vertu dans l’Égypte ancienne

« Rien ne se construit, ne se fait, ne s’invente, sinon dans la paix relative, dans une petite poche de paix rare maintenue au milieu de la dévastation universelle produite par la guerre perpétuelle. » ("Les Cinq Sens", éd. Grasset, 1985).Quand France 2 et France Inter avaient proposé au philosophe Michel Serres de venir répondre aux "Questions politiques" diffusées le dimanche 26 mai 2019 (podcast ici), ils cherchaient un invité non politique pour cause d’élections européennes. Ils ne se doutaient pas que ce serait sa... [Lire la suite]
samedi 20 avril 2019

George Steiner, l’universel humaniste de la culture classique

« L’Europe reste le lieu du massacre, de l’incompréhensible, mais aussi des cultures que j’aime. Je lui dois tout, et je veux être là où sont mes morts. Je veux rester à portée de la Shoah, là où je peux parler mes quatre langues. C’est mon grand repos, c’est ma joie, c’est mon plaisir. J’ai appris l’italien après l’anglais, le français et l’allemand, mes trois langues d’enfance. Ma mère commençait une phrase dans une langue et la finissait dans une autre, sans le remarquer. Je n’ai pas eu de langue maternelle, mais,... [Lire la suite]