lundi 12 mars 2018

Dix ans sans poilus

« Des hommes, touchés par les gaz, gonflaient et mouraient par paquets. Ceux qui arrivaient derrière étaient obligés de leur marcher dessus. Les corps éclataient comme des ballons. ».Lorsque j’étais petit, je me souviens nettement avoir fait un rapide calcul pour savoir quel âge avait eu mon arrière-grand-mère, que j’adorais et qui me le rendait bien, lorsque la Première Guerre mondiale avait éclaté : 30 ans ! Diable ! Si âgée que cela ! Presque l’âge de ma mère à l’époque du calcul. Je n’avais que 8 ans... [Lire la suite]
vendredi 2 mars 2018

Alain, philosophe anti-système

« Rien n’est plus dangereux qu’une idée, quand on n’a qu’une idée. » (Alain, "Propos II", 5 juillet 1930).Le philosophe Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier, est né à Mortagne-au-Perche, dans l’Orne, il y a 150 ans, le 3 mars 1868 à 15 heures, c’est-à-dire, un peu plus de deux ans avant la guerre de 1870 entre la France et la Prusse. Il fut un philosophe très inspiré par le rationalisme, ainsi que par le positivisme d’Auguste Comte (1798-1857). Il voulait concilier rationalisme et réalisme. Alain est assez peu à la... [Lire la suite]
lundi 8 janvier 2018

Quand les États-Unis étaient nourris d’un idéalisme pacifiste (1/2)

« La fin de ce terrible conflit de vie et de mort dépend de cette définition des buts de guerre. Aucun homme d’État ayant la moindre conception de sa responsabilité ne doit, pour un moment, se permettre de prolonger ces tragiques et effrayants sacrifices de sang et d’argent, à moins qu’il ne soit sûr, sans conteste et quoi qu’il arrive, que les buts de ces sacrifices sont partie indissoluble de la vie même de la société et que les peuples pour lesquels il parle estiment ces buts justes et impératifs autant qu’il le juge... [Lire la suite]
mardi 2 janvier 2018

Clemenceau, Macron et la guerre civile européenne (2)

« Ni trahison, ni demi-trahison. La guerre. Rien que la guerre. (…) Un jour, de Paris au plus humble village, des rafales d’acclamations accueilleront nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang, dans les larmes, déchirés des obus, magnifique apparition de nos grands morts. Ce jour (…), il est en notre pouvoir de le faire. ». (Georges Clemenceau, le 20 novembre 1917 devant les députés). Seconde partie.Dans l'article précédent, j'ai évoqué Emmanuel Macron qui voudrait faire de l'année 1917-1918 une année Clemenceau.Revenons... [Lire la suite]
vendredi 22 décembre 2017

Lazare Ponticelli, le dernier des Poilus

« Des hommes, touchés par les gaz, gonflaient et mouraient par paquets. Ceux qui arrivaient derrière étaient obligés de leur marcher dessus. Les corps éclataient comme des ballons. ».Lorsque j’étais petit, je me souviens nettement avoir fait un rapide calcul pour savoir quel âge avait eu mon arrière-grand-mère, que j’adorais et qui me le rendait bien, lorsque la Première Guerre mondiale avait éclaté : 30 ans ! Diable ! Si âgée que cela ! Presque l’âge de ma mère à l’époque du calcul. Je n’avais que 8 ans... [Lire la suite]
lundi 13 novembre 2017

Clemenceau, Macron et la guerre civile européenne (1)

« Ni trahison, ni demi-trahison. La guerre. Rien que la guerre. (…) Un jour, de Paris au plus humble village, des rafales d’acclamations accueilleront nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang, dans les larmes, déchirés des obus, magnifique apparition de nos grands morts. Ce jour (…), il est en notre pouvoir de le faire. ». (Georges Clemenceau, le 20 novembre 1917 devant les députés). Première partie.Décidément, le Président Emmanuel Macron aura réussi à reprendre l’incarnation de la France dans tous les domaines... [Lire la suite]
samedi 14 octobre 2017

Mata Hari, œil du jour et espiègle de nuit

« Quelle étrange coutume des Français que d’exécuter les gens à l’aube ! » (15 octobre 1917).Elle n’était pas croyante mais a longuement parlé avec l’aumônier à qui elle avait demandé assistance jusqu’au bout (Jules Arboux, un pasteur qui avait écrit "Les Attributions des aumôniers des prisons" en 1888 à la demande du Ministère de la Justice). Elle était restée coquette, une belle robe et un manteau sur les épaules. Les yeux libres du regard du destin qui allait vaciller. Les mains libres derrière le poteau. D’un... [Lire la suite]
mercredi 2 août 2017

La chemise du mort n’a pas de poche

« Détachement : élément d’une troupe chargé d’une mission particulière (militaire). » (Le Petit Larousse).Il y a un côté très altruiste à mourir. On sait qu’on n’est pas seul au monde, et qu’en mourant, on s’exfiltre de ce monde qui continuera à tourner sans soi. Pourtant, mourir est sans doute la chose la plus égocentrique qui soit. Probablement que la clef, c’est le détachement. Se détacher du monde. Progressivement. Et sans doute que c’est le grand âge qui permet un tel détachement. Ou la maladie.Dans les... [Lire la suite]
lundi 13 février 2017

Les joyeux drilles de l’escadrille (2)

« Comme si réellement, on pouvait avoir le temps un jour, comme si l’on gagnait, à l’extrémité de la vie, cette paix bienheureuse que l’on imagine. Mais il n’y a pas de paix. Il n’y a peut-être pas de victoire. » (Saint-Exupéry, dans "Vol de nuit", 1931). Souvenir centenaire. Seconde partie.Dans le précédent article, j’ai commencé une conversation avec un ami centenaire. En fait, c’était uniquement lui qui parlait, qui racontait, qui "émotionnait". Ce qui vient est donc la suite et la fin de cette discussion.Je lui ai... [Lire la suite]
vendredi 10 février 2017

Les joyeux drilles de l’escadrille (1)

« Comme si réellement, on pouvait avoir le temps un jour, comme si l’on gagnait, à l’extrémité de la vie, cette paix bienheureuse que l’on imagine. Mais il n’y a pas de paix. Il n’y a peut-être pas de victoire. » (Saint-Exupéry, dans "Vol de nuit", 1931). Souvenir centenaire. Première partie.Sur le vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, le 4 janvier 2017, Robert Marchand, un fringant jeune homme de 105 ans (il est né le 26 novembre 1911), a établi un "nouveau" record de vitesse en vélo, dans la catégorie des 105 à... [Lire la suite]