« L’amour, c’est de la physique, le mariage, c’est de la chimie. » (Alexandre Dumas fils, 1876).


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En allumant la télévision sur la première chaîne, vers 13 heures 40 ce samedi 19 mai 2018, je suis tombé involontairement sur un échange de consentement. J’adore les échanges de consentement. Même quand je ne connais pas les époux, cela m’est déjà arrivé d’arriver en plein consentement dans une église à l’étranger (à Varna notamment), j’ai toujours un petit frisson comme pour les deux autres actes de l’état-civil. Je venais de comprendre la raison de tout ce matraquage téléviso-médiatique de la semaine passée : après des fiançailles le 27 novembre 2017, le Prince Harry se mariait avec Meghan, une fort belle actrice américaine. Difficile d'y échapper.

Mon côté républicain a pourtant tendance à négliger ce genre d’événement mondial. Et puis, l’attendrissement est arrivé assez vite. Ma foi, cet événement, sans conséquence, est heureux, et je préfère les médias mobilisés inutilement par ce genre de cérémonie qu’à tourner dans le vide après un énième attentat, une énième grève, une énième catastrophe naturelle ou obsédés par la météo, trop chaud, trop froid, trop pluvieux, trop sec, trop neigeux, sans neige sur les pistes, jamais comme il faut. Il faut dire que j’adore les couples qui se marient un 19 mai !

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La reine, la reine grand-mère, du haut de ses 92 ans, semblait particulièrement absente. L’officiant était plutôt le père, le Prince Charles, le perpétuel dauphin qui commence à vieillir. Sera-t-il roi à 90 ans ? Pas sûr, car la reine a une solidité de fer. Elle a déjà dépassé Victoria. Je suis presque ému de me dire que j’ai vécu durant le Siècle d’Élisabeth II. Apparemment, Charles aurait accompagné la future belle-fille au début de la cérémonie.

Il n’y avait pas de doute. Les sourires, les regards complices, l’intimité à peine dérangée par ces 600 invités dans la chapelle Saint-Georges à Windsor et les 2 640 chanceux autorisés à venir au parc du joli château de Windsor pour voir ces invités arriver et admirer le nouveau couple princier dans son carrosse de rêve. Tout laissait imaginer un amour sincère, simple, sobre, sans fioriture.

Le soir, un dîner réservé à 200 invités intimes. Les vrais copains ? 200, c’est encore beaucoup. Invités par Papa Charles. On a dit que Harry était un joyeux fêtard qui a mangé sa jeunesse un peu n’importe comment : déguisé dans un uniforme nazi (un humour qui n’a pas plu à la grand-mère résistante), et même en tenue d’Éve (ou plutôt, d’Adam) lors d’une énième soirée un peu alcoolisée probablement. Eh bien, le voici rangé. Depuis le matin, grâce à Mamy Babeth, le voici duc de Sussex. Avec le "u" prononcé à l’anglaise, qui tire un peu sur le "eu".

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Harry a une chance du tonnerre : avec la naissance de ses trois neveux et nièce depuis quelques années, la couronne britannique s’éloigne (seulement sixième dans l’ordre protocolaire) et plus le temps passe, plus elle va s’éloigner. Une chance pour celui qui aurait pu avoir le même destin que son arrière-grand-oncle, le roi Édouard VIII, qui a voulu se marier avec une Américaine divorcée (Wallis Simpson) et qui s’est finalement marié avec elle, mais en abandonnant la couronne au frangin.

Car la très belle Meghan Markle, au sourire ravageur et à la robe aussi sobre qu’elle mettait en valeur sa flatteuse silhouette, est, elle aussi, une Américaine divorcée. Autre temps, autres mœurs. Pourtant, de confession catholique, Meghan a dû se convertir à l’anglicanisme (le 6 mai 2018). Elle a dû aussi renoncer à son métier d’actrice (surtout des téléfilms et des séries télévisées). Les féministes vont protester.

Il me semble, d’après le martelage médiatique récent qui a atteint jusque mon cerveau, qu’elle aurait même repoussé les avances de Donald Trump qui avait participé à la même émission télévisée… On peut donc dire que voici une forte personnalité qui paraît savoir ce qu’elle veut ou ne veut pas.

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Entrer dans la famille royale britannique est un sacerdoce. Demande un dévouement absolu non seulement pour le mari (ce qui paraît assez naturel dans un couple si ce dévouement est réciproque) mais aussi pour la belle-famille. Un peu comme Grace Kelly devenue princesse de Monaco. C’est dommage, j’ai l’impression que l’actrice va s’ennuyer. Au moins, elle aura, enfin, je l’espère pour elle, un peu moins de projecteurs que ce qu’avait subi la belle-mère qu’elle n’a pas connue, Lady Di.

J’ai entendu dire que son père n’était pas d’une rigueur morale absolue et que son absence pour maladie ou convalescence était la meilleure des solutions. Tout de suite, j’imaginais le père de Johnny Hallyday. Meghan, sœur de Johnny, incroyable !

Évidemment, il est habituel de dire dans les circonstances de ce week-end de Pentecôte : félicitations ! Ce que je dis avec d’autant plus de légèreté que l’actualité internationale est lourde de gravité.

Au fait, cela ne s’invente pas, le bouquet de la mariée ne servira à personne : comme l’a fait le 26 avril 1923 l’arrière-grand-mère Elizabeth Bowes-Lyon (la mère de la reine, morte à presque 102 ans le 30 mars 2002), en hommage à son frère Fergus mort au combat le 27 septembre 1915, au grade de capitaine et à l’âge de 26 ans, pendant la Première Guerre mondiale, le bouquet des mariées dans la famille royale est systématiquement déposé sur la tombe du Soldat inconnu à l’abbaye de Westminster… Vivent les mariés !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 mai 2018)
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Pour aller plus loin :
Harry et Meghan.
Philip Mountbatten.
Lady Di.
Édouard VIII et George VI.
Élisabeth II.
Un règne plus long que celui de Victoria.
Vive la République !

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